Le gouvernement congolais hausse le ton contre l’ancien président Joseph Kabila. Son porte-parole, Patrick Muyaya, s’est exprimé auprès de l’AFP vendredi 16 octobre 2026. Il accuse Kabila de préparer une vaste offensive contre Kinshasa. Selon lui, cette démarche vise à conquérir des territoires.
Patrick Muyaya rejette aussi l’idée d’un renouveau politique. Pour lui, la nouvelle structure change seulement de façade. Les acteurs et les méthodes resteraient identiques. Par conséquent, Kinshasa juge ces intentions déjà connues. Le gouvernement veut ainsi disqualifier le projet avant son lancement.
Le FRN, une structure politique et militaire
Lundi, Joseph Kabila a officialisé son alliance avec le M23. Il prend la direction du Front pour la refondation de la nation, le FRN. Cette organisation se dit politico-militaire. Elle veut regrouper forces, ressources et moyens. Son objectif affiché consiste à mettre fin à ce qu’elle appelle une tyrannie.
Les responsables du M23 occuperont les postes de vice-présidents au sein du FRN. Le texte évoque le recours à la force. Désormais, l’ancien chef de l’État s’implique plus directement dans la crise sécuritaire de l’est. Cette alliance clarifie aussi le rôle du mouvement armé.
Un ancien président condamné et sous pression
Joseph Kabila, âgé de 55 ans, a dirigé le pays de 2001 à 2019. Il y a un an, la justice l’a condamné à mort par contumace. Les juges lui reprochaient une complicité avec le M23. Pourtant, l’intéressé rejette ces accusations. Les autorités l’accusent aussi d’avoir contribué à créer l’AFC.
L’AFC servait de branche politique au M23, avant sa dissolution. Après des années à l’étranger, Kabila est réapparu à Goma en mai 2025. Cette ville du Nord-Kivu était alors passée sous contrôle rebelle. Depuis, il se déplace régulièrement dans les zones occupées. Ces voyages ont nourri les soupçons du pouvoir.
Des combats qui s’enlisent dans l’est
Au début de 2025, le M23 a lancé une offensive avec l’appui de l’armée rwandaise. Les rebelles ont pris Goma, puis Bukavu, au Sud-Kivu. Depuis, la ligne de front a peu bougé. Toutefois, les affrontements continuent. Ils mobilisent parfois drones et tirs d’artillerie.
Le Sud-Kivu reste l’un des principaux foyers des combats. La guerre s’enlise donc, sans percée décisive. Néanmoins, la nouvelle alliance pourrait changer la lecture politique du conflit. Kabila apporte son expérience du pouvoir. Le M23, lui, garde le contrôle du terrain.
Un climat politique déjà très tendu
Ce retour intervient dans un contexte déjà tendu. En juin et en septembre, l’opposition a manifesté contre un projet de révision constitutionnelle. Ce texte pourrait ouvrir la voie à un troisième mandat pour Félix Tshisekedi, âgé de 63 ans. Son second mandat s’achève en 2028, limite actuelle de la Constitution.
Jusqu’ici, la principale coalition d’opposition garde ses distances avec Kabila. Vendredi, l’ancien président a pourtant accusé le gouvernement de ne penser qu’à sa propre survie. Ainsi, la bataille des mots précède peut-être celle des armes. La crise congolaise entre dans une phase politique très incertaine.









