Le 18 octobre, à São Tomé, la fête des femmes rurales a perdu ses tambours. L’Association des agricultrices a dû réduire la cérémonie. Elle a annulé la marche prévue ce jour-là. Ainsi, la panne sèche a éteint la joie des campagnes. Les pompes vides ont cloué les cortèges au sol, comme des oiseaux privés d’ailes. Le pays retient son souffle depuis des semaines.
Cette crise des carburants frappe un pays déjà sans gouvernement. De plus, l’absence d’exécutif complique chaque décision. Les agricultrices des communautés rurales n’ont donc pas pu rejoindre la capitale. Pourtant, cette journée devait célébrer leurs droits et porter leurs revendications. Elles sont restées chez elles, bien malgré elles, et leur voix s’est étouffée loin des micros. Le silence des champs pèse très lourd.
Des récoltes qui pourrissent au bord des routes
Le manque d’essence ne bloque pas seulement la marche. Il ruine aussi les producteurs ruraux. Ils n’acheminent plus leurs produits vers les marchés. Par conséquent, ils risquent de perdre toute leur récolte. Les fruits mûrissent au champ, puis pourrissent sous le soleil. Chaque jour d’attente grignote un peu plus le fruit d’un long labeur. Le carburant manque, et la terre perd ses ailes.
Pour ces familles, le champ nourrit la maison. Ainsi, une récolte perdue vide aussi la marmite. Les agricultrices font vivre l’économie familiale, souvent à la force des bras. Elles demandent donc au prochain gouvernement plus d’attention pour l’agriculture. En effet, sans route libre ni moteur qui ronronne, le travail de la terre s’arrête. Leur courage nourrit des familles entières, pourtant personne ne l’entend.
Les moto-taxis, grands oubliés de la panne
La crise frappe aussi les routes. Des milliers de conducteurs de moto-taxi chôment dans tout le pays. Faute d’essence, ils ne peuvent plus travailler. Ces chefs de famille perdent ainsi leurs revenus du jour au lendemain. Par ailleurs, les tensions sociales montent, comme une marmite qui bout sous un couvercle trop lourd. Sans pompe qui coule, aucun guidon ne tourne dans les villes.
Dans les zones isolées, la moto-taxi reste l’unique moyen de transport. Dès lors, la panne paralyse la circulation des personnes et des marchandises. Les villages se retrouvent coupés du monde, tels des îlots sans pont. Malades, élèves et marchands restent à quai. Toutefois, le pays entier ressent cette paralysie, car chaque trajet manquant freine l’économie. Les routes deviennent alors de longs rubans silencieux.
Un appel pour ne plus être l’otage des pénuries
Face à cette impasse, les agricultrices lancent un appel pressant au gouvernement. Elles veulent qu’il contrôle rigoureusement les stocks de carburant. De cette façon, les pénuries constantes cesseront de frapper les plus vulnérables. De plus, elles proposent une réserve stratégique. Elles réclament aussi un mécanisme de gestion transparent, sorte de phare dans la brume. Cette demande résonne comme un véritable cri du cœur.
Leur objectif reste clair. Le pays ne doit plus devenir l’otage de crises qui paralysent toute l’économie. Autrement dit, l’État doit anticiper plutôt que subir. Ces mesures serviraient d’assurance contre les tempêtes à venir. En outre, elles protégeraient les plus fragiles, ceux qui paient toujours la première facture quand le réservoir se vide. Le message vise le prochain gouvernement, attendu avec une grande impatience.
Un navire à l’horizon
Selon Jornal Transparência, une source portuaire annonce une livraison de carburant dès mercredi prochain. Elle pourrait apaiser la crise bientôt. D’ici là, les femmes rurales gardent espoir. Elles attendent du prochain gouvernement des solutions concrètes pour garantir leur dignité et le travail dans les campagnes.









