À la veille du scrutin de lundi, les fédéralistes albertains semblent en position de force. Les sondages donnent environ 70 % des voix au maintien au sein du Canada. À Edmonton et à Calgary, l’appui monte à 85 %. Pourtant, cette avance rassurante comporte un risque. Les électeurs confiants pourraient simplement rester chez eux.
Thomas Lukaszuk, chef du mouvement Forever Canadian, redoute précisément ce scénario du référendum albertain,. Il juge la participation capitale à ce stade de la campagne. Selon lui, un match de hockey ou une averse suffisent à décourager certains votants. Ainsi, une victoire jugée acquise peut se transformer en défaite. Le camp fédéraliste multiplie donc les appels à voter dans toute la province.
Un seuil de participation qui inquiète
L’ancien premier ministre Jason Kenney a fixé un seuil précis devant la Chambre de commerce d’Edmonton. Si moins de 40 % des électeurs votent, les séparatistes pourraient l’emporter. Cette mise en garde repose sur un constat simple. Les indépendantistes s’organisent mieux et votent plus massivement. Leur colère nourrit leur mobilisation. Ce scénario reste plausible, selon lui.
La politologue Adrienne Davidson, de l’Université McMaster, partage cette analyse. Elle observe un engagement bien plus fort chez les indépendantistes. En revanche, elle craint que le camp opposé baisse la garde. Elle évoque l’exemple du Royaume-Uni, que l’on croyait fidèle à l’Union européenne. Par conséquent, le résultat reste bien moins prévisible qu’il n’y paraît.
Un vote-message plus qu’une rupture
La question posée change la nature du vote. Les Albertains ne tranchent pas sur l’indépendance. Ils décident s’il faut organiser un référendum sur le sujet. Plusieurs observateurs parlent d’un référendum sur un référendum. Cette formule explique en partie le manque d’enthousiasme des fédéralistes. Cette nuance pèse sur la mobilisation des deux camps. Elle brouille l’enjeu.
Alexandre Rivard, de l’Université d’Athabasca, a sondé plusieurs milliers d’Albertains. Environ 20 % disent voter oui le 19 octobre. Toutefois, le tiers d’entre eux veut seulement envoyer un message à Ottawa. Ces électeurs frustrés ne souhaitent pas la sécession. Voter oui leur semble donc peu risqué. Ce message pourrait pourtant gonfler le total du oui.
Dix questions et des files d’attente
Le bulletin de vote contient dix questions, notamment sur l’immigration et sur le partage des compétences constitutionnelles. La question sur l’avenir de l’Alberta figure tout en bas. Or, répondre à dix questions prend nettement plus de temps. Les files d’attente pourraient donc s’allonger. Certains électeurs pourraient même renoncer. Cette longueur inquiète les experts. Le temps compte.
Élections Alberta a anticipé ce risque. L’organisme a recruté plus de 46 000 personnes pour faciliter le scrutin. Il invite aussi les électeurs à lire les questions à l’avance. De plus, le vote par anticipation étale l’affluence. Ces précautions visent à fluidifier le passage dans les isoloirs. Les équipes devront donc gérer l’affluence du jour.
Une mobilisation record à confirmer
Pour l’instant, la participation semble au rendez-vous pour ce référendum albertain,. Le vote par anticipation a débuté mardi, et 174 530 personnes se sont déplacées dès la première journée. Élections Alberta prévoit un taux record de 85 %. La moyenne des cinq derniers scrutins provinciaux dépasse à peine 55 %. Ce début encourageant calme un peu les inquiétudes des organisateurs.
Le dépouillement commencera par la question sur le référendum d’indépendance albertain,. Le résultat officiel du vote devrait tomber mardi matin. D’ici là, Mark Carney, Pierre Poilievre et Danielle Smith ont multiplié les discours. Ainsi, chaque électeur absent pourrait peser lourd dans la balance finale du scrutin.
Source Ledevoir









