Le Cameroun est en deuil. Marcel Niat Njifenji, ancien ministre et premier président du Sénat camerounais depuis la création de la Chambre haute du Parlement en 2013, est décédé ce samedi 11 avril 2026 à Yaoundé. Il était âgé de 92 ans. Selon les informations relayées par plusieurs médias camerounais, l’ancien chef des sénateurs a rendu son dernier souffle au Centre des Urgences du CHU de Yaoundé, emportant avec lui plusieurs décennies d’histoire politique nationale.
Par le Journaliste Roland Olouba Oyabi
Un destin politique enraciné dans l’Ouest du Cameroun
Natif de Bangangté, dans la région de l’Ouest du Cameroun, Marcel Niat Njifenji aura consacré l’essentiel de son existence au service de l’État. Ancien ministre sous le régime de Paul Biya, il avait su traverser les décennies sans jamais quitter les cercles du pouvoir, construisant patiemment une stature institutionnelle rare dans le paysage politique camerounais. Homme de consensus autant que de fidélité, il incarnait cette génération de cadres administratifs et politiques forgés dans la durée, dont la longévité publique témoignait d’une capacité singulière à naviguer les turbulences des régimes successifs.
Président du Sénat depuis 2013 : un règne institutionnel de plus d’une décennie
C’est en 2013, lors de la mise en place effective du Sénat camerounais instituée par la Constitution de 1996, que Marcel Niat Njifenji accède à la présidence de la Chambre haute du Parlement. Il occupera ce poste de manière ininterrompue pendant plus d’une décennie, présidant aux travaux législatifs de la plus haute institution parlementaire du pays avec une autorité reconnue par l’ensemble des acteurs politiques. Son départ de la présidence du Sénat, survenu seulement quelques jours avant son décès, marque la fin d’une ère : Sa Majesté Aboubakary Abdoulaye, Lamido de Rey Bouba, lui a succédé à la tête de l’institution dans des circonstances désormais empreintes d’une profonde émotion nationale.
Un décès dans un contexte de transition institutionnelle sensible
La disparition de Marcel Niat Njifenji intervient dans un contexte politique particulièrement chargé. Le Cameroun traverse en effet une révision constitutionnelle controversée, instituant un poste de Vice-président nommé appelé à devenir le successeur constitutionnel du président de la République en cas de vacance du pouvoir. Une réforme qui redessine les équilibres institutionnels du pays et dont l’ancien président du Sénat aura été l’un des derniers témoins directs.
Paul Biya perd un compagnon de lutte historique
Pour le président Paul Biya, ce deuil revêt une dimension profondément personnelle. Marcel Niat Njifenji était bien davantage qu’un collaborateur institutionnel : il était un camarade de longue date, un compagnon de route dont la loyauté indéfectible avait traversé les épreuves et les recompositions politiques successives. Avec sa disparition, c’est une page entière de l’histoire contemporaine du Cameroun qui se referme, laissant derrière elle l’empreinte durable d’un homme d’État dont la vie entière fut placée sous le signe du service de la nation.











