TÉHÉRAN — La fenêtre de désescalade n’aura duré que quelques heures. Le samedi 18 avril 2026, l’Iran a annoncé reprendre « le strict contrôle » du détroit d’Ormuz, voie maritime par laquelle transite environ 20 % du pétrole mondial. Cette décision intervient moins de 24 heures après une réouverture partielle accordée, selon Téhéran, « de bonne foi » à un nombre limité de pétroliers et de navires commerciaux.
Par le journaliste Roland Olouba Oyabi
Le commandement des forces armées iraniennes Khatam Al-Anbiya a justifié ce revirement par la poursuite du blocus américain sur les ports iraniens. Washington serait ainsi en violation directe de ses engagements, poursuivant selon Téhéran des « actes de piraterie » dissimulés derrière un soi-disant blocus. En réponse, le passage stratégique est désormais placé sous contrôle total des autorités militaires iraniennes.
Trump maintient la pression, le cessez-le-feu fragilisé
Vendredi soir, le président américain Donald Trump a réaffirmé sa ligne dure : le blocus sur les ports iraniens sera maintenu tant qu’aucun accord de paix n’aura été conclu avec Téhéran. Plus préoccupant encore, il n’a pas exclu de ne pas prolonger le cessez-le-feu en vigueur, dont l’expiration est prévue mercredi. Une posture qui réduit considérablement la marge de manœuvre des diplomates engagés dans la région.
Espace aérien partiellement rouvert, signaux contradictoires
En parallèle, l’Iran a néanmoins rouvert samedi matin les couloirs aériens de l’est du pays aux vols internationaux. Plusieurs aéroports ont repris leurs activités dès 5h30 (heure française), selon l’agence Tasnim citant l’Aviation civile iranienne. La plateforme FlightRadar24 a confirmé au moins un vol commercial en provenance de Mascate, au sultanat d’Oman.
Le Pakistan en médiateur, Liban et Israël en trêve fragile
Sur le front diplomatique, le chef de l’armée et le Premier ministre pakistanais ont achevé samedi des tournées séparées dans plusieurs capitales de la région. Islamabad pourrait prochainement accueillir de nouveaux pourparlers entre Washington et Téhéran, positionnant le Pakistan comme acteur incontournable de la médiation. Par ailleurs, le Liban et Israël observent depuis vendredi un cessez-le-feu de dix jours. Le président libanais Joseph Aoun a qualifié cette trêve de « phase de transition » vers un accord permanent garantissant la souveraineté nationale, rejetant toute interprétation de cette démarche comme un signe de faiblesse.
Alors que les marchés pétroliers surveillent chaque annonce avec anxiété, la fermeture du détroit d’Ormuz cristallise une crise dont l’issue dépend désormais autant des salles de négociation que des eaux du Golfe persique.











