ABIDJAN — Deux jours, un message. Les Adicoms Days 2026, tenus les 16 et 17 avril à Abidjan, ont réuni entrepreneurs numériques, créateurs de contenu et professionnels du digital autour d’une conviction partagée : dans un environnement saturé de messages, la visibilité seule ne suffit plus. Ce qui compte désormais, c’est la stratégie. Par le journaliste Roland Olouba Oyabi
Le panel central de cette édition posait une question tranchante : « Newsjacking et hyperlocalisation, effets de mode ou levier durable pour les entreprises ? » La réponse est venue notamment de Stève Fayomi, directeur de la Communication externe et de la marque chez Orange Côte d’Ivoire, dont l’intervention a structuré le débat.
Hyperlocalisation : produire local pour fidéliser, pas pour imiter
Pour Stève Fayomi, localiser ne signifie pas adapter mécaniquement un contenu international. C’est ancrer sa production dans les géographies et les référents culturels propres à son audience. Une logique qui s’oppose frontalement à la simple duplication de contenus globaux, souvent déconnectée des réalités du terrain africain.
Il distingue deux piliers complémentaires : l’hyper-segmentation, qui affine le ciblage pour maximiser la conversion, et l’hyper-authenticité, qui crée un lien de proximité réel avec la communauté. « Quand on veut faire un contenu local, c’est l’authenticité qui prime. Il faut aller chercher ce qui est pertinent localement », a-t-il insisté. Résultat attendu : un consommateur qui s’approprie la marque et en devient ambassadeur.
Newsjacking : l’actualité comme carburant de marque
Deuxième levier central : le newsjacking. Stève Fayomi le définit comme l’art d’intégrer la culture et l’actualité dans une stratégie de communication cohérente. Il ne s’agit pas de surfer sur la tendance, mais de réduire la distance entre la marque et sa cible en répondant à ce que le public vit en temps réel, ses questionnements, ses émotions, ses conversations. Comprendre « comment la personne réfléchit » devient alors aussi important que comprendre ce qu’elle consomme.
Un événement conçu pour connecter et faire émerger des projets
Placés sous le thème « Les règles du digital changent. Nouvelles tendances. Nouveaux leaders », les Adicoms Days 2026 se veulent un carrefour entre experts confirmés, créateurs en devenir et porteurs de projets. L’objectif dépasse le networking : il s’agit d’identifier des figures influentes du digital business africain et de transformer les apprentissages en impact concret sur les activités des participants.
Dans un continent où la culture populaire n’attend plus d’autorisation pour exister et circuler à l’échelle mondiale, maîtriser ces deux leviers, newsjacking et hyperlocalisation, n’est plus un avantage concurrentiel. C’est devenu une condition de survie pour les marques qui veulent résonner au-delà du bruit.











