À travers son parcours exceptionnel, le professeur Fatou Samba Diago Ndiaye incarne la persévérance, l’excellence et l’engagement des femmes dans la médecine. Entre carrière universitaire, responsabilités hospitalières et combat pour la place des femmes dans les sciences, son témoignage met en lumière les défis et les réussites d’une femme qui refuse de se fixer des limites.
Question : Quelle phrase ou quel conseil a forgé votre caractère et votre ambition dès votre enfance ?
Réponse : « J’ai grandi avec cette phrase là : Tu peux le faire. Vas-y, fais-le. Et donc je ne me donne pas de limite. »
Question : Comment parvenez-vous à concilier toutes vos responsabilités familiales, médicales et universitaires ?
Réponse : « La grosse difficulté, c’est d’être à la fois femme médecin, épouse, mère de famille et cheffe de service et en même temps enseignante à l’université. »
Question : Quels sont les différents rôles que vous assumez aujourd’hui dans votre vie professionnelle ?
Réponse : « Je regroupe là où je suis six casquettes. »
Question : Pouvez-vous nous présenter votre parcours et les principales fonctions que vous occupez actuellement ?
Réponse : « Je m’appelle professeur Fatou Samba Diago Ndiaye. Je suis professeur titulaire des universités du CAMES. Je suis cheffe du service d’hématologie, de greffe de moelle osseuse et de thérapie cellulaire, vice-doyenne à la Faculté de médecine, de pharmacie et d’odontostomatologie et, par ailleurs, présidente de l’Association des femmes médecins du Sénégal. »
Question : Comment est né votre projet de greffe de moelle osseuse et quelles ont été les principales étapes de sa réalisation ?
Réponse : « J’avais fait le projet de greffe de moelle osseuse et j’ai eu l’opportunité d’avoir le financement en 2020. C’est à partir de là que nous avons commencé la construction et l’équipement de ce bâtiment et cela m’a permis de faire cette première greffe de moelle osseuse avec mon équipe, que je rappelle, est à 90 % féminine. »
Question : Pouvez-vous expliquer simplement comment se déroule un prélèvement de moelle osseuse ?
Réponse : « Là, c’est une image de comment prélever la moelle osseuse. »
Question : Quelles autres avancées médicales permet cette technologie, notamment pour les patients drépanocytaires ?
Réponse : « La même machine peut également aider à faire tout ce qui est thérapie cellulaire, c’est-à-dire qu’on enlève le sang du drépanocytaire et on met un nouveau sang. »
Question : Quel a été votre parcours scolaire et universitaire avant de devenir spécialiste en hématologie ?
Réponse : « J’ai été à Kennedy. Ensuite, j’ai eu mon BAC. Je suis venue en médecine et, en cinquième année, j’ai fait le concours de l’internat des hôpitaux de Dakar, réputé très difficile. »
Question : En quoi votre réussite précoce à l’internat a-t-elle accéléré votre carrière ?
Réponse : « Quand j’ai réussi, j’ai eu une carrière à la limite accélérée parce que j’ai réussi l’internat tôt. »
Question : Que représentait pour vous cette réussite à l’agrégation du CAMES ?
Réponse : « Je faisais partie des plus jeunes reçus à l’agrégation du CAMES en 2010. »
Question : Pourquoi les femmes sont-elles majoritaires dans votre spécialité ?
Réponse : « Dans le service, il y a des hommes, mais pas beaucoup. Il se trouve que ce sont les femmes qui adorent faire ce métier d’hématologie. »
Question : Quelles qualités faut-il avoir pour réussir dans une spécialité aussi exigeante que l’hématologie ?
Réponse : « C’est une spécialité assez rigoureuse et il se trouve que les femmes adorent la rigueur. »
Question : Pourquoi est-il important, selon vous, d’encourager davantage de jeunes filles à s’orienter vers les sciences et la médecine ?
Réponse : « Je me bats pour que les jeunes filles s’intéressent d’abord à la science et en même temps restent dans la médecine. »
Question : Quels sont les principaux obstacles auxquels les femmes médecins sont encore confrontées aujourd’hui ?
Réponse : « La médecine n’a jamais été facile pour les femmes. On est toujours dans une société où il y a quand même un peu de machisme. »
Question : Comment réagissez-vous face au machisme et aux discriminations que vous rencontrez dans votre carrière ?
Réponse : « Je l’ai toujours vécu et je le vis jusqu’à présent, mais je ne me laisse pas faire. »









