Au lendemain du placement sous mandat de dépôt d’Alain-Claude Bilie-By-Nze, président du parti Ensemble pour le Gabon (EPG) et ancien Premier ministre, son avocate, Me Sarah Ognyane, a pris la parole pour contester publiquement la validité juridique des charges retenues contre son client. Dans une intervention diffusée sur la page officielle d’EPG, elle a livré une contre-narration structurée qui remet en cause tant les qualifications pénales que les conditions de l’interpellation dans l’Affaire Bilie By Nze.
Par la Rédaction Le Média International
Une affaire aux origines lointaines : retour sur les faits de 2008
Selon la défense, cette affaire trouve sa source lors de l’organisation de la Fête des cultures gabonaises en 2008, pilotée sous l’autorité du vice-Premier ministre Paul Mba Abessole. Un comité d’organisation, présidé par Bilie-By-Nze, se retrouve sans financement public à trois jours du lancement officiel. Face à cette urgence, c’est Mme Baba Ramatou Amadou, membre du même comité, qui aurait elle-même proposé une mise de fonds collective. Elle verse cinq millions de francs CFA, Bilie-By-Nze en apporte trois, d’autres membres complètent la somme. Au total, neuf millions de francs CFA sont mobilisés en préfinancement participatif. Seule Mme Ramatou sollicite un accusé de réception, que Bilie-By-Nze lui délivre en sa qualité de président du comité.
« Ce n’était pas une arrestation, c’était un kidnapping »
Au-delà du fond juridique, Me Ognyane a également décrit des circonstances d’interpellation qu’elle qualifie de profondément irrégulières, reprenant les propres mots de son client. Un véhicule aurait bloqué la route de l’ancien Premier ministre. Des hommes encagoulés auraient saisi ses téléphones avant que toute identification policière n’intervienne, et ce uniquement grâce à un macaron brièvement présenté sous un manteau. Bilie-By-Nze aurait réitéré cette version devant le juge d’instruction, qualifiant lui-même la scène de kidnapping plutôt que d’arrestation légale.
Une architecture pénale juridiquement contestée
Sur le plan du droit pénal, l’avocate s’appuie sur les articles 301 et 307 du Code pénal gabonais pour démontrer que les deux infractions retenues, escroquerie et abus de confiance, ne correspondent pas aux faits établis. L’escroquerie requiert des manœuvres frauduleuses caractérisées, tandis que l’abus de confiance implique une remise à titre de dépôt, de mandat ou de prêt. Or la contribution financière concernée résulte d’une initiative volontaire de la plaignante elle-même, ce qui, selon la défense, exclut toute qualification criminelle. Me Ognyane parle d’« imagination juridique » pour désigner ce qu’elle considère comme une construction accusatoire sans fondement légal.
Elle soulève également la question de la prescription, suspectant que la fourchette chronologique 2008-2017 retenue par le parquet vise à contourner la prescription quinquennale applicable à l’époque des faits. Elle rappelle par ailleurs deux versements de 500 000 francs CFA réalisés vers 2015 par Bilie-By-Nze au bénéfice de Mme Ramatou, présentés comme des gestes de solidarité militante, aujourd’hui instrumentalisés dans la procédure.
Me Ognyane a annoncé une communication juridique approfondie dans les prochains jours dans l’Affaire Bilie By Nze, promettant de replacer ce dossier sur son unique terrain légitime : celui du droit.
Sources : déclarations de Me Sarah Ognyane, page officielle EPG, avril 2026.











