Le 25 juin 2026, le maire de Yaoundé, Luc Messi Atangana, a signé un arrêté historique pour le secteur des transports. Désormais, tout propriétaire ou conducteur de taxi jaune doit s’enregistrer sur une plateforme numérique dédiée. La réforme prévoit la création d’une base de données centralisée. Chaque taxi et chaque conducteur recevront un identifiant numérique unique. Dès lors, l’ère de l’informel généralisé dans les transports de la capitale camerounaise touche à sa fin.
Par le journaliste Roland Olouba Oyabi
Le dispositif repose sur la plateforme Taxi-Yaoundé.com. Développée avec l’appui technique de la coopération allemande GIZ, elle constitue le cœur battant de la réforme. Chaque conducteur enregistré recevra un QR code personnel. Chaque véhicule, quant à lui, se verra attribuer un numéro de portière unique. Ce code remplace les anciennes identifications jugées insuffisantes. Par ailleurs, les données collectées serviront exclusivement à la modernisation, à la sécurisation et à la digitalisation du transport urbain. La municipalité garantit leur confidentialité totale.
Qui est concerné ? Quels documents fournir ?
La réforme concerne l’ensemble des taxis jaunes titulaires d’une licence de transport urbain de première catégorie. Pour s’enregistrer, conducteurs et propriétaires doivent présenter plusieurs documents. Pièce d’identité, titres de transport, documents du véhicule, justificatifs d’assurance et de visite technique — rien ne peut manquer. En effet, l’objectif est de constituer un fichier
fiable, complet et opposable. Ainsi, seuls les services habilités auront accès aux informations collectées.
Sécurité, lutte contre la fraude et meilleure planification urbaine
Au-delà de la modernisation administrative, cette réforme répond à des enjeux de sécurité concrets. L’identification numérique facilitera les contrôles et limitera les fraudes. Elle renforcera également la protection des usagers dans une agglomération de plus de 4 millions d’habitants. Finalement, les données centralisées contribueront à une meilleure planification des politiques de mobilité. Car gouverner une mégapole sans connaître ses taxis, c’est conduire dans le noir.
Du 3 juillet au 5 octobre : s’enregistrer ou finir en fourrière
Les opérations d’enregistrement se dérouleront du 3 juillet au 5 octobre 2026. Les conducteurs peuvent s’inscrire dans les services de la Communauté urbaine et dans les mairies d’arrondissement. Toutefois, l’avertissement est clair. À l’issue de cette période, tout taxi non enregistré circulant dans Yaoundé sera systématiquement mis en fourrière. Le message est sans équivoque : la ville a choisi la transparence. Ceux qui refusent de jouer le jeu en paieront le prix.









