Ce lundi 29 juin 2026, l’Assemblée nationale sénégalaise a adopté la proposition de révision constitutionnelle portée par la majorité PASTEF. Pourtant, le président Bassirou Diomaye Faye a aussitôt décidé de ne pas s’arrêter là. Il a choisi de soumettre le texte à un référendum, en vertu de l’article 103 de la Constitution. Le ministre de la Justice, Moussa Sarr, l’a annoncé devant les députés avec clarté : «Le président a tenu à informer le président de l’Assemblée nationale qu’il a décidé de soumettre le texte adopté au référendum.» Dès lors, c’est le peuple sénégalais tout entier qui aura le dernier mot.
Cette réforme n’est pas un simple ajustement technique. C’est un chantier de fond. Elle prévoit notamment la création d’une Cour constitutionnelle en remplacement du Conseil constitutionnel. Par ailleurs, elle modifie la répartition des pouvoirs entre le président de la République et le Premier ministre. En outre, elle renforce le rôle du Parlement et instaure une séparation accrue entre la fonction présidentielle et l’activité partisane. Autrement dit, c’est toute l’architecture institutionnelle du Sénégal que le PASTEF entend rebâtir.
Des partisans enthousiastes, des détracteurs vigilants
Le texte ne fait pas l’unanimité. D’un côté, ses partisans y voient une étape majeure vers une nouvelle gouvernance. De l’autre, ses détracteurs dénoncent un projet susceptible de fragiliser l’équilibre des pouvoirs. Ainsi, le champ politique sénégalais se fracture autour de cette réforme.
Toutefois, le référendum tranche ce débat d’une manière élégante. Il renvoie la décision là où elle doit être : entre les mains des citoyens.
Une promesse de 2024 enfin soumise aux urnes
Cette réforme constitue l’une des principales promesses institutionnelles défendues par le PASTEF lors de la présidentielle de 2024. En la soumettant au référendum, Bassirou Diomaye Faye choisit la légitimité populaire comme fondement de la transformation. Finalement, ce choix ressemble moins à une prudence politique qu’à une conviction démocratique. Car reformater un État sans consulter son peuple, c’est construire sur du sable. Dakar vient de choisir le roc.
Le Sénégal à l’heure du choix institutionnel
Le référendum à venir sera bien plus qu’un vote. Ce sera un miroir tendu à la démocratie sénégalaise. En effet, les Sénégalais se prononceront sur la vision d’un État refondé, plus équilibré et plus transparent. L’heure du choix approche. Et ce choix appartient désormais au peuple.









