Un grave accident fluvial a frappé l’Ouganda dans le district de Kagadi. Un bateau transportant entre 35 et 40 passagers a sombré sur la rivière Nguse, laissant une trentaine de personnes portées disparues. À l’heure où les informations continuent d’affluer, les autorités locales ne dénombrent qu’un seul survivant, retrouvé peu après l’accident survenu en soirée.
Ce drame met une nouvelle fois en lumière les dangers persistants de la navigation intérieure en Ouganda, un pays où les accidents fluviaux et lacustres restent trop fréquents.
Un bilan difficile à établir faute de liste de passagers
L’une des difficultés majeures auxquelles font face les autorités est l’absence de liste officielle des passagers à bord. Cette lacune administrative rend impossible toute estimation précise du nombre de victimes ou de disparus.
La police nationale ougandaise a confirmé qu’elle travaille à recenser les personnes concernées en faisant appel aux proches et aux familles. Ces dernières ont été invitées à se manifester auprès des services compétents afin de faciliter l’identification des victimes potentielles.
Les secours mobilisés, une enquête ouverte
La police maritime a pris en charge les opérations de recherche et de sauvetage dès les premières heures suivant le naufrage. Des équipes sont déployées le long de la rivière Nguse pour tenter de retrouver d’éventuels survivants ou de récupérer les corps des victimes.
En parallèle, une enquête officielle a été ouverte pour déterminer les causes exactes de l’accident. Parmi les pistes sérieusement envisagées figurent la surcharge du bateau, la navigation de nuit dans des conditions potentiellement dangereuses, ainsi que l’état général de l’embarcation. Ces facteurs sont récurrents dans les naufrages signalés en Afrique subsaharienne et font l’objet d’une attention accrue des autorités régionales.
Une région marquée par des drames répétés
Ce naufrage s’inscrit dans un contexte préoccupant pour la région des Grands Lacs africains. Le lac Victoria, voisin et partagé entre l’Ouganda, le Kenya et la Tanzanie, est régulièrement le théâtre de catastrophes maritimes dramatiques.
En août 2023, vingt personnes ont perdu la vie lors du chavirement d’une embarcation sur ce même lac. En novembre 2018, un bateau de plaisance a coulé, emportant 32 passagers. Quelques semaines plus tôt, en septembre 2018, un ferry avait sombré du côté tanzanien du lac Victoria, causant la mort de plusieurs centaines de personnes dans l’un des naufrages les plus meurtriers de l’histoire récente de la région.
Sécurité maritime : des mesures urgentes attendues
Ces accidents répétés interpellent les gouvernements de la région sur la nécessité de renforcer les normes de sécurité maritime. L’absence de contrôle systématique de la capacité des embarcations, le manque d’équipements de sauvetage à bord et la persistance de traversées nocturnes non réglementées constituent des risques documentés depuis des années.
Les organisations humanitaires et les experts en sécurité fluviale appellent à une révision urgente des protocoles de navigation, notamment sur les voies d’eau intérieures comme la rivière Nguse. La vie de dizaines de passagers en dépend à chaque traversée.











