Une commission d’enquête mise en place par le gouvernement de la Tanzanie a confirmé ce jeudi le décès d’au moins 518 personnes lors des violences électorales du 29 octobre 2024. Un bilan officiel jugé bien en deçà des estimations de l’opposition, dans un pays où la présidente Samia Suluhu Hassan a été réélue avec 98 % des voix dans un scrutin très controversé.
Par la rédaction · Publié le 24 avril 2025 · Lecture : 3 min
Un bilan humain lourd, un chiffre encore provisoire
Présidée par l’ancien président de la Cour suprême Mohamed Chande Othman, la commission a remis ses conclusions directement à la cheffe de l’État. Sur les 518 décès recensés, 490 victimes sont des hommes, 28 des femmes et 21 des enfants. La plupart des décès sont qualifiés de non naturels : 121 personnes sont mortes à l’hôpital des suites de blessures reçues pendant les troubles. La commission a averti que le bilan pourrait encore s’alourdir si les autorités confirmaient l’existence de sépultures non signalées.
Des manifestations qualifiées d’actes de violence par la commission
Le juge Othman a refusé de qualifier les événements du 29 octobre de manifestations pacifiques, affirmant qu’il s’agissait d’actes de violence. La commission a relevé qu’aucune notification officielle n’avait été transmise aux autorités policières avant les troubles, comme l’exige la législation tanzanienne. Elle souligne également que ces violences ont eu lieu le jour même des élections générales, portant ainsi atteinte au droit fondamental des citoyens à participer au processus démocratique. Ses conclusions reposent sur des entretiens menés auprès de victimes, de membres des forces de sécurité et du personnel médical, ainsi que sur l’examen de documents officiels.
Un scrutin contesté, une opposition écartée
La présidente Samia Suluhu Hassan avait été déclarée vainqueur de l’élection du 29 octobre avec 98 % des suffrages, après que plusieurs figures de l’opposition avaient été empêchées de participer à la course électorale. Ce scrutin avait déclenché plusieurs jours de manifestations à travers le pays, sévèrement réprimées par les forces de sécurité. L’opposition conteste les chiffres officiels de la commission et maintient que le bilan réel est nettement plus élevé.
L’État de droit tanzanien sous pression internationale
La publication de ce rapport met la Tanzanie sous le feu des regards de la communauté internationale. La création d’une commission d’enquête par le gouvernement est saluée comme un premier pas vers la transparence, mais les organisations de défense des droits humains appellent à des poursuites judiciaires indépendantes pour établir les responsabilités. L’existence possible de sépultures clandestines non répertoriées reste l’une des questions les plus sensibles en suspens.











