Face à la montée des tensions sur les marchés pétroliers mondiaux, TotalEnergies a annoncé le maintien de son dispositif de plafonnement des prix des carburants dans l’ensemble de ses stations-service en France. La mesure restera en vigueur, selon le groupe, tant que la crise au Moyen-Orient perdurera.
Cette décision intervient dans un contexte de forte pression sur le pouvoir d’achat des Français, alors que les prix à la pompe atteignent des niveaux préoccupants. Le gazole s’établit désormais à 2,21 euros le litre, et le SP95-E10 à 2,02 euros en moyenne, selon les dernières données compilées par l’Agence Radio France pour le gouvernement.
Lecornu : « Ça va dans le bon sens, mais est-ce suffisant ? »
Lors d’un point-presse tenu le jeudi 30 avril, le Premier ministre Sébastien Lecornu a salué l’initiative du géant pétrogazier, estimant qu’elle allait « dans le bon sens ». Pour autant, le chef du gouvernement a refusé de se montrer rassurant sur la durée de la crise.
« Est-ce que c’est suffisant ? Je ne peux pas vous répondre. Je ne sais pas combien de temps la crise va durer », a-t-il déclaré, reconnaissant que tous les scénarios sont à l’étude, « y compris le fait que malheureusement, ça puisse durer ». Un aveu de prudence qui reflète l’incertitude persistante des gouvernements européens face à l’instabilité géopolitique au Proche-Orient.
Des bénéfices records qui ont fait polémique
L’annonce de TotalEnergies s’inscrit dans un contexte politiquement tendu. La veille, le groupe avait révélé une hausse de 51 % sur un an de ses bénéfices trimestriels, portés par la flambée des cours du pétrole. Une performance financière qui a immédiatement déclenché un tollé à gauche et de vives critiques des ONG, qui dénoncent des « profits de guerre » jugés indécents au regard du contexte économique difficile pour de nombreux ménages.
Le plafonnement maintenu peut ainsi être lu comme un geste d’apaisement, destiné à désamorcer la pression politique croissante sur le secteur énergétique.
Le gouvernement réunit distributeurs et compagnies aériennes
Sur le plan institutionnel, le ministre de l’Économie Roland Lescure recevra les distributeurs de carburant à Bercy dès lundi matin. Une rencontre qui s’inscrit dans une série de réunions d’urgence destinées à coordonner la réponse de la filière énergétique face à la crise.
Mercredi prochain, une réunion est également prévue entre les compagnies aériennes et le gouvernement, réunissant notamment le ministre de l’Économie et le ministre des Transports Philippe Tabarot. Le secteur aérien, fortement exposé aux variations du kérosène, est particulièrement vulnérable dans ce contexte de tension sur les prix.
Le baril de Brent au plus haut depuis 2022
Sur les marchés internationaux, le baril de Brent de la mer du Nord a franchi le cap des 126 dollars jeudi, son niveau le plus élevé depuis le début de la guerre en Ukraine en 2022. Cette envolée fait suite aux déclarations de Donald Trump, qui a évoqué un possible blocus des ports iraniens pouvant durer « plusieurs mois », selon un haut responsable de son administration. Une perspective qui affole les marchés et laisse présager une pression durable sur les prix à la pompe pour les consommateurs français.









