Le 25 avril 2026, une série d’attaques d’une ampleur sans précédent a frappé plusieurs villes stratégiques du Mali. Les jihadistes du JNIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans) et les rebelles touareg du FLA (Front de libération de l’Azawad) ont visé simultanément les positions de la junte au pouvoir. Le ministre de la Défense, Sadio Camara, figure parmi les victimes. Bamako, la capitale, se retrouve désormais dans la ligne de mire.
Une stratégie militaire qui a montré ses limites
Depuis les coups d’État de 2020 et 2021, la junte dirigée par Assimi Goïta promettait de rétablir la sécurité au Mali. Sa méthode : rompre avec les partenaires occidentaux, expulser les forces françaises de l’opération Barkhane, puis s’appuyer sur les mercenaires russes de Wagner, remplacés depuis 2025 par l’Africa Corps, directement supervisé par Moscou.
Cette stratégie du « tout militaire » n’a pas produit les résultats attendus. Si la reprise de Kidal en 2023 avait été présentée comme une victoire symbolique, les revers se sont multipliés : blocus jihadiste de Tombouctou, crises des carburants, extension territoriale des groupes extrémistes. Selon un rapport de l’ONU publié en février 2026, la présence des groupes armés n’a cessé de progresser géographiquement.
L’échec du partenariat russo-malien
L’Africa Corps, tout comme Wagner avant lui, n’est pas parvenu à inverser la tendance sécuritaire. Selon des chercheurs spécialistes du Sahel, ces forces ont multiplié les opérations sans parvenir à neutraliser des groupes aguerris à la guerre asymétrique. Pire, leur présence a engendré des exactions massives contre des populations civiles, alimentant un cycle de radicalisation.
Aujourd’hui, les forces russes se replieraient de plusieurs zones du nord du Mali, se concentrant surtout sur la protection rapprochée des dirigeants de la junte. Un retrait stratégique qui affaiblit davantage la capacité d’action du régime sur le terrain.
Une coalition rebelle inédite et surpuissante
La coordination entre le JNIM et le FLA constitue un tournant majeur. Bien que leurs objectifs divergent — islamisation nationale pour les uns, indépendance de l’Azawad pour les autres — les deux groupes ont uni leurs forces, comme ils l’avaient déjà fait en 2012. Leurs ressources humaines et matérielles restent considérables : le FLA a préservé l’essentiel de ses effectifs après Kidal, tandis que le JNIM a renforcé son arsenal en récupérant l’équipement militaire malien lors de précédentes offensives.
Bamako résistera-t-elle ?
Des explosions ont été entendues près de l’aéroport de Bamako dans la nuit du 27 avril. Assimi Goïta n’a toujours pas pris la parole publiquement. Ses alliés régionaux , le Burkina Faso et le Niger, n’ont pas réagi, malgré le traité de défense mutuelle liant les trois États.
Pour autant, les analystes appellent à la prudence. La chute de la junte n’est pas imminente : elle supposerait un soulèvement interne des forces armées maliennes. Des négociations entre factions militaires seraient actuellement en cours à Bamako. L’avenir du Mali se jouera peut-être dans ces coulisses, autant que sur les champs de bataille.











