A2MP, principal actionnaire de Canyon Resources, doute désormais d’un point crucial du projet. Selon lui, les flux de trésorerie de Minim-Martap pourraient s’avérer insuffisants. Ce constat prospectif figure dans une déclaration déposée le 29 juillet 2026 auprès de l’ASX. Ainsi, la facilité syndiquée de 82 milliards de FCFA inquiète le groupe minier. Ce crédit, accordé par AFG Bank Cameroon, finance Camalco depuis mai 2025. Environ 57 millions de dollars, soit 32,5 milliards de FCFA, ont déjà été tirés. Par ailleurs, A2MP et ses associés contrôlent 55,56 % du capital de Canyon. Le groupe cherche désormais à racheter les actions restantes du marché.
Conclue en mai 2025, cette enveloppe équivalait alors à 140 millions de dollars. Les 32,5 milliards déjà tirés représentent 39,6 % du plafond contractuel de Minim-Martap. Le solde théorique non utilisé atteint ainsi 49,5 milliards de FCFA. Ce crédit affiche un taux fixe de 8 % annuel, hors TVA. À encours constant, il générerait environ 2,6 milliards de FCFA d’intérêts par an. Cependant, ce calcul n’intègre ni les commissions ni le calendrier exact des tirages. La facilité finance exclusivement les infrastructures logistiques du projet minier. Locomotives, wagons, voies ferrées et installations portuaires en dépendent directement.
Une phase 1 financée, une phase 2 encore incertaine
En mars 2026, Canyon assurait pourtant que la phase 1 restait entièrement financée. La compagnie disposait alors de 95 millions de dollars non tirés sur le crédit. S’y ajoutaient 43 millions de dollars de trésorerie disponible fin février. Toutefois, cette couverture ne concernait que les investissements initiaux du projet. En juin, Canyon a révélé un besoin supplémentaire de 160 millions de dollars. Cette phase 2 prévoit quinze nouvelles locomotives et quatre cents wagons additionnels. L’objectif consiste à porter la capacité ferroviaire à 105 000 tonnes mensuelles. Sans ce financement, elle plafonnerait à seulement 35 000 tonnes par mois. Ce volume resterait bien loin du palier visé de 1,2 million de tonnes annuelles.
Des hypothèses économiques revues à la baisse
Pour étayer son analyse, A2MP conteste plusieurs postulats de l’étude de faisabilité. Selon le groupe, la prime de prix chuterait de 11 à 5 dollars la tonne. Le coût du fret grimperait lui à 36 dollars, contre 17 dollars anticipés. Cet écart, tel un fossé grandissant, fragiliserait la rentabilité globale du projet. A2MP estime ainsi que la dette pourrait devenir difficile à honorer. Ces hypothèses reposent notamment sur six mois d’échanges avec des clients potentiels. Elles n’ont toutefois pas été validées par un expert indépendant.
Une offre de rachat en toile de fond
Cette publication intervient surtout dans un contexte d’offre de rachat. A2MP propose 0,05 dollar australien par action, prix jugé modeste. Ce montant représente une décote de 42,5 % sur le dernier cours coté. Ce désaccord de fond oppose ainsi Canyon à son actionnaire majoritaire. La déclaration d’A2MP ne mentionne toutefois ni impayé ni défaut contractuel. Elle ne remet pas non plus en cause les garanties déjà consenties. Un expert indépendant devra désormais trancher sur l’équité de cette offre. Cette divergence, comme une ombre persistante, plane désormais sur l’avenir du projet minier Minim-Martap tout entier.









