Le Gabon a lancé la SAEG le 31 août 2024. Elle devait pourtant disparaître au profit d’AGROPAG. Le projet de création de cette dernière a reçu le feu vert le 26 février 2026. Ainsi, deux structures cohabitent, comme deux barques liées à la même ancre. Aujourd’hui, la production reste à l’arrêt, tandis que les salaires s’accumulent sans relâche.
Selon Échos du Nord, une lettre d’août du ministre de l’Agriculture chiffre les arriérés à 826 277 915 FCFA. De plus, la SAEG pèse 736 millions et AGROPAG près de 90 millions. Ce chiffre donne le vertige, même pour un État habitué aux grands chantiers. Cependant, ce courrier date déjà de plusieurs semaines. Par conséquent, la facture réelle a sans doute grossi depuis.
Quand l’addition grimpe chaque mois
Le calcul est simple et cruel. Pour AGROPAG, 90 millions couvrent seulement mai et juin. Autrement dit, chaque mois ajoute environ 45 millions. Cette arithmétique ressemble à une fuite d’eau dans un grenier à grains. Si ce rythme persiste, la dette dépasse déjà largement le chiffre officiel. Sur une année, l’écart pourrait devenir une montagne de salaires impayés.
Pour la SAEG, le courrier ne précise aucune période. Ainsi, le montant reste une photographie floue. Tant que personne n’actualise les comptes, le brouillard persiste. En outre, cette dette creuse l’écart entre promesses et résultats. Le temps, lui, travaille contre la caisse publique, et les contribuables regardent ce feuilleton budgétaire.
L’encadrement pèse plus lourd que les bras
Chez la SAEG, environ 81 % de la dette concernent les responsables nommés, soit 599 millions. En revanche, les autres agents attendent 137 millions. Le contraste interpelle, car la base du travail patiente aussi. Cette répartition reste à vérifier. Pourtant, elle soulève une question : l’entreprise nourrit-elle ses champs ou son organigramme ? Seul un audit précis permettrait de trancher ce débat.
D’ailleurs, un tel déséquilibre fragilise la confiance des équipes. Les ouvriers labourent, mais les cadres encaissent la promesse. Un salaire impayé n’est pas un détail, c’est une alarme qui sonne. Par ailleurs, un chiffre non confirmé exige de la prudence. Sans pièces comptables, aucun verdict ne tient. Le retour de la confiance passe d’abord par des chiffres vérifiables.
Des sites qui se vident, une filière qui s’essouffle
AGROPAG n’a pas de direction identifiée. Dès lors, personne ne sait à qui rendre compte. Les décisions de gestion s’enlisent comme un tracteur dans la boue. Sans capitaine, le navire dérive et l’équipage perd le cap. Ainsi, cette absence de pilote prive les équipes de toute consigne claire. Le PCA a pourtant rencontré le chef de l’État, sans réponse claire pour AGROPAG.
Certains employés quitteraient même les sites, notamment Ndendé, pour rejoindre Libreville faute de moyens. Ainsi, chaque départ emporte un savoir-faire précieux. Une filière agricole ne repousse pas aussi vite qu’une récolte. De surcroît, la première tranche prévue, soit 275 millions, couvre un tiers de la dette. Enfin, il reste 550 millions sans calendrier défini.
Reconstruire avant de financer
Avant tout décaissement, l’État doit nommer une direction, actualiser les arriérés, documenter les créances et publier les paiements. Ensuite, un plan d’affaires chiffré s’impose, avec surfaces, production attendue et financement. Sans ces garde-fous, l’argent public comble un gouffre sans fin. Ces chiffres restent à confirmer.









