Le fer de Baniaka cherche sa route vers la mer. Le 28 octobre 2026, à Libreville, REMINAC et la SETRAG ont signé un protocole d’accord. Ce texte ouvre les négociations sur le transport ferroviaire du futur minerai de fer vers le port d’Owendo. Ainsi, le projet pose sa première traverse avant de lancer ses wagons. Désormais, le chantier logistique peut réellement commencer.
Le Gabon possède le sous-sol, mais la richesse ne vaut rien sans chemin. Or le Transgabonais joue ici le rôle d’une artère vitale. Cet accord structure la chaîne logistique d’un projet censé renforcer le potentiel minier du pays. En effet, un minerai immobile reste une promesse, jamais un revenu. Le rail devra relier le site de Baniaka au port d’Owendo.
Quatre dossiers sur la table des négociateurs
Les discussions ne manqueront pas de relief. Elles porteront d’abord sur la planification et la régulation des flux de minerai. Ensuite, les équipes examineront les capacités de transport disponibles sur le Transgabonais. Par ailleurs, elles identifieront les éventuels travaux d’infrastructure à réaliser. Enfin, elles fixeront les conditions tarifaires et commerciales. Chacun de ces thèmes exigera des compromis.
Chaque point pèse comme un maillon dans une chaîne d’acier. Ces paramètres décideront de la fiabilité du transport. Ils détermineront aussi la compétitivité du minerai sur les marchés internationaux. Autrement dit, un seul maillon fragile suffirait à fragiliser tout le dispositif. Par conséquent, la fiabilité et la compétitivité de la future chaîne d’approvisionnement dépendent de ces choix.
REMINAC tisse sa toile de partenaires
REMINAC, société chargée du développement du projet, n’avance pas seule. Elle détient déjà un accord stratégique avec la Société du Patrimoine pour fournir 30 MW d’électricité. De plus, Owendo Mineral Port et le groupe NORDEN complètent le puzzle côté logistique maritime. Ainsi, l’entreprise assemble ses pièces une à une. Cette stratégie vise l’énergie et la logistique maritime du projet.
Le groupe Genmin, dont relève le projet, affirme avoir déjà investi environ 120 millions de dollars américains. Cette somme traduit un engagement sérieux. Pourtant, sans rail, ces millions dormiraient au bord de la voie. Dès lors, l’accord avec la SETRAG devient un maillon décisif. Désormais, le projet attend la pièce ferroviaire pour boucler son dispositif.
La SETRAG voit rouler de nouveaux wagons
Pour la SETRAG, cette perspective ressemble à une aubaine. Elle pourrait anticiper l’arrivée de volumes supplémentaires de fret et renforcer son activité. Son directeur général, Christian Magni, inscrit cette collaboration dans la vocation du Transgabonais. Celui-ci doit accompagner le développement des filières économiques du pays. Ainsi, le rail devient un partenaire de l’économie. En effet, plus de fret signifie plus d’activité sur la ligne.
Depuis 2016, la société déploie un plan de modernisation et de sécurisation de la voie. Près de 450 kilomètres ont reçu de nouvelles traverses, et 200 kilomètres de nouveaux rails. Thierry Makando, directeur pays de Genmin, y voit «une étape majeure dans la concrétisation du projet de Baniaka». Il insiste sur une solution logistique intégrée, fiable et économiquement compétitive.
Du dialogue aux engagements concrets
Reste maintenant aux deux partenaires à transformer ce cadre de dialogue en engagements opérationnels précis. Capacités ferroviaires, investissements éventuels et conditions économiques du transport devront trancher. Ainsi, le chemin de fer prouvera si le fer de Baniaka quittera la brousse pour rejoindre le monde entier.








