Le 1er novembre 2026, jour de Toussaint, Brice Clotaire Oligui Nguema a gagné Oyo, au Congo-Brazzaville. Il s’est recueilli sur la tombe d’Édith Lucie Bongo Ondimba, décédée en 2009. Cette ancienne Première dame gabonaise était la fille de Denis Sassou Nguesso. Ainsi, le deuil sert ici de langage diplomatique.
Cependant, le geste dépasse l’émotion. Les relations entre Libreville et Brazzaville se sont refroidies après les derniers développements des biens mal acquis en France. Par conséquent, la visite ressemble à un baume sur une plaie fraîche. Il protège des liens familiaux, historiques et politiques que la justice ne saurait effacer.
Une délégation taillée comme un message
Denis Sassou Nguesso a reçu son hôte dès l’arrivée. Une importante délégation accompagnait le chef de l’État gabonais. Elle réunit des officiels et des sages. En outre, on y trouve Marie-Madeleine Mborantsuo, ancienne présidente de la Cour constitutionnelle, et le banquier Henri-Claude Oyima.
Des notables du Haut-Ogooué, province d’origine d’Omar Bongo Ondimba, complètent le cortège. Ce casting n’a rien d’un hasard protocolaire. Autrement dit, l’État, l’économie et la mémoire politique voyagent ensemble. Le message tient en une phrase : la proximité demeure, malgré les turbulences.
Les biens mal acquis, épine dans le pied
Des plaintes déposées en France en 2007 et 2008 ont lancé cette affaire. Elle vise des patrimoines acquis dans l’Hexagone par des proches de trois dirigeants africains. Toutefois, il s’agit d’accusations, non de faits définitivement établis. Le Gabon, devenu partie civile en 2023, peut donc réclamer réparation. Pourtant, cette position le place dans une situation délicate.
Le 8 septembre, les avocats gabonais ont remis un mémoire au juge d’instruction. Selon Africa Intelligence, il aurait évoqué le jugement d’Antoinette Sassou-Nguesso, ce qui aurait choqué Brazzaville. Libreville répond n’avoir ajouté aucun nom ni réclamé le procès de quiconque. De plus, le texte aurait ensuite changé de version.
Le voisinage plus fort que le contentieux
La géographie ne se plaide pas, elle s’impose. Libreville et Brazzaville partagent des échanges et des intérêts économiques. Ainsi, aucune procédure ne doit transformer ce voisinage en forteresse. Le naufrage de la plateforme pétrolière au large de Mayumba l’a rappelé. Le Congo avait apporté son concours aux recherches.
Oligui Nguema avait sollicité son homologue, et la réponse est venue sans détour. Par ailleurs, cet épisode prouve qu’une solidarité se mesure en actes, pas en discours. Ainsi, la visite d’Oyo prolonge cette logique de coopération concrète.
L’apaisement comme boussole
La procédure française suivra son cours, et le statut de partie civile du Gabon demeure toujours. Néanmoins, les deux capitales doivent protéger le dialogue avec constance et franchise. À Oyo, la mémoire a posé une passerelle ; désormais, il leur revient de la traverser ensemble.









