Donald Trump a quitté Pékin vendredi avec des déclarations fracassantes. Pourtant, les avancées diplomatiques réelles restent très limitées. Le sommet sino-américain a affiché une certaine stabilité de façade. Néanmoins, aucune percée majeure n’a été enregistrée sur les dossiers sensibles.
Taïwan au cœur des tensions entre les deux superpuissances
Trump a surpris en lançant un avertissement direct à Taïwan. Il a clairement déconseillé toute déclaration d’indépendance de l’île. « Je n’ai pas envie que quelqu’un proclame l’indépendance », a-t-il déclaré à Fox News. Il a précisé qu’aucune décision sur des ventes d’armes n’était encore prise.
Sa position tranche avec le soutien militaire traditionnel de Washington envers Taipei. En réalité, Trump cherche à désamorcer les tensions des deux côtés. Il a explicitement demandé à Taïwan et à la Chine de « faire baisser la température ».
La veille, Xi Jinping avait pourtant formulé une mise en garde d’une rare fermeté. Il a averti que Taïwan restait la question la plus importante des relations bilatérales. Selon lui, une mauvaise gestion de ce dossier pourrait mener au conflit. Cette déclaration inhabituelle a marqué les esprits des observateurs internationaux.
La Chine considère Taïwan comme une province réunie un jour par la force si nécessaire. Elle défend officiellement une solution pacifique, mais sans exclure l’option militaire. Ce double discours alimente une incertitude stratégique durable dans la région indo-pacifique.
Des accords commerciaux qualifiés de « fantastiques » mais très modestes
Sur le plan commercial, Trump a comme toujours usé de superlatifs enthousiastes. Il a parlé d’accords « fantastiques » conclus avec Pékin lors de ce sommet. Mais les éléments concrets vérifiables restent peu nombreux et décevants.
Boeing a confirmé un engagement initial portant sur 200 appareils. D’autres commandes pourraient suivre selon le constructeur aéronautique américain. Toutefois, ce chiffre est bien inférieur aux 500 avions initialement espérés.
Par ailleurs, les deux pays ont convenu de maintenir leurs accords commerciaux existants. Des conseils bilatéraux pour le commerce et l’investissement seront créés. La Chine a mis en avant l’ambition d’une « relation de stabilité stratégique constructive ».
Xi Jinping a qualifié cette visite d’« historique ». Cependant, les experts restent prudents face à ce bilan limité.
L’Iran et l’espionnage : des promesses non confirmées par Pékin
Trump a affirmé avoir reçu des engagements encourageants concernant l’Iran. Xi lui aurait promis de ne pas livrer d’équipements militaires à Téhéran. Il aurait également soutenu la réouverture du Détroit d’Ormuz.
Problème : Pékin n’a confirmé aucun de ces engagements dans ses communiqués officiels. Dès lors, ces déclarations américaines restent invérifiables et sujettes à caution. L’écart entre le discours de Trump et la position chinoise est patent.
Sur l’espionnage, Trump a minimisé les tensions de façon surprenante. « Nous aussi, nous les espionnons comme des fous », a-t-il lancé depuis Air Force One. Il a même affirmé avoir dit à Xi que les États-Unis le surveillaient intensément.
Un sommet de stabilité, pas de transformation
Selon Jacob Stokes, expert au Center for a New American Security, Trump a obtenu les images souhaitées. La Chine les lui a volontiers offertes en échange d’une dynamique préservée. La visite de Xi à Washington à l’automne constituera le prochain test diplomatique décisif. Bonnie Glaser prévient que Pékin cherchera alors à bloquer toute vente d’armes à Taïwan. Ce sommet marque une pause, certainement pas une rupture dans la rivalité sino-américaine durable.









