Effectivement, Bally Bagayoko a publié un message fort sur X le vendredi 15 mai. Il dénonce des propos tenus à son encontre sur CNews lors d’un débat télévisé.
« Maire malien en France » : une expression que Bagayoko refuse fermement
Le chroniqueur Vincent Hervouet a provoqué la polémique. Ainsi, lors d’un débat sur les relations franco-africaines, il a déclaré publiquement une phrase choc. Selon lui, « la France a perdu le Mali, et nous, on a Bally Bagayoko, un maire malien en France ». L’édile de Saint-Denis n’a pas laissé passer cette assignation identitaire. En réponse, il a affirmé clairement : « Je suis un élu de la République française. Je suis français. »
Une attaque qui vise des millions de Français issus de l’immigration
Bally Bagayoko dépasse la dimension personnelle dans sa réaction. En effet, il souligne l’impact collectif de tels propos sur des millions de concitoyens. « Vous dites à des millions de Français issus de l’immigration qu’ils resteraient éternellement renvoyés à une origine », écrit-il.
Par ailleurs, il se dit fier de ses origines familiales tout en revendiquant pleinement sa citoyenneté française. Ces deux dimensions coexistent sans contradiction dans son identité républicaine assumée.
CNews dans le viseur : le maire dénonce une banalisation dangereuse
Ce n’est pas la première fois que Bagayoko affronte CNews. Auparavant, il avait déjà porté plainte contre la chaîne après une séquence aux relents racistes filmée en plateau. Le parquet de Paris avait alors ouvert une enquête pour injure publique à caractère raciste.
Désormais, le maire estime que ces dérapages sont devenus systématiques. « Ce type de propos est devenu si fréquent qu’il est difficile de parler de simple dérapage », souligne-t-il. Selon lui, « cette banalisation est dangereuse pour le débat public » dans notre démocratie.
Le Mali souverain face au regard colonial persistant selon Bagayoko
L’édile va encore plus loin dans son analyse géopolitique et historique. Notamment, il conteste la vision coloniale implicite dans les propos du chroniqueur. « Le Mali n’a pas été perdu comme on perdrait un territoire ou une possession », affirme-t-il. Le Mali est un État souverain, insiste-t-il avec force et conviction.
Parallèlement, il dénonce l’idée que des Français comme lui seraient perçus à travers le prisme colonial. Cette vision persistante, selon Bagayoko, révèle précisément le cœur du problème identitaire français.
Depuis son élection, le maire de Saint-Denis fait de la lutte contre le racisme une priorité absolue. Il appelle notamment à rejoindre une marche contre le racisme prévue le 21 juin prochain.









