Canberra a franchi un cap décisif ce lundi. Le gouvernement australien a ordonné à six actionnaires de Northern Minerals de vendre leurs participations. Cette mesure vise à soustraire le secteur des terres rares à toute influence étrangère. L’intérêt national australien est désormais clairement mis en avant.
Northern Minerals, un acteur clé face à la domination chinoise
Northern Minerals occupe une position stratégique mondiale. La société australienne produit du dysprosium, un minerai de terres rares très convoité. Ce matériau entre dans la fabrication des aimants permanents pour véhicules électriques. Son enjeu dépasse largement les frontières australiennes. En effet, Northern Minerals cherche directement à concurrencer la domination chinoise dans ce secteur.
Six actionnaires concernés, dont trois enregistrés en Chine
Parmi les actionnaires visés, trois sont enregistrés en Chine continentale. Deux autres résident à Hong Kong. Le sixième dispose d’une adresse dans les îles Vierges britanniques. Ces profils variés illustrent la complexité des structures d’investissement étranger. Néanmoins, Canberra les traite sous un cadre juridique uniforme et ferme.
La loi sur les investissements étrangers, un outil de souveraineté
Pour agir, Canberra s’appuie sur une loi nationale sur les investissements étrangers. Ce texte avait déjà été utilisé en 2024 dans des cas similaires. Ainsi, l’Australie dispose d’un levier législatif clair pour défendre ses intérêts. Le gouvernement entend par ailleurs maintenir une pression constante sur ce dossier sensible.
Le trésorier Jim Chalmers a été explicite dans son communiqué officiel. Il a affirmé appliquer un cadre ferme et non discriminatoire pour tout investissement étranger. Il a également averti que d’autres mesures seraient prises si nécessaire. Ce message s’adresse autant aux investisseurs étrangers qu’aux partenaires commerciaux de l’Australie.
Une tendance de fond dans les démocraties occidentales
Ces dernières années, des investisseurs chinois ont pris des participations significatives dans plusieurs entreprises australiennes. Cette montée en puissance a progressivement alerté les autorités de Canberra. Or, l’Australie n’est pas isolée dans cette démarche. Les États-Unis, le Canada et plusieurs pays européens renforcent également le contrôle des investissements dans leurs secteurs critiques.
Les terres rares, nouveau terrain d’une rivalité géopolitique mondiale
Cette affaire s’inscrit dans une rivalité géopolitique plus large autour des matières premières critiques. La transition énergétique mondiale accroît la demande en terres rares de façon exponentielle. Dès lors, contrôler leur production devient un enjeu de puissance majeur. L’Australie entend jouer un rôle indépendant dans cette chaîne d’approvisionnement mondiale. Cette décision envoie un signal fort à l’ensemble des investisseurs étrangers opérant sur son sol.






