Deux jeunes femmes ont perdu la vie dimanche dans la Manche alors qu’elles tentaient de traverser vers le Royaume-Uni à bord d’une embarcation de fortune transportant 82 personnes. Vraisemblablement d’origine soudanaise et âgées d’une vingtaine d’années, elles ont été retrouvées sans vie à l’intérieur du bateau après que celui-ci a dérivé toute la nuit, moteur en panne, avant de s’échouer sur une plage du littoral français.
Une nuit de dérive au large de Boulogne-sur-Mer
Le bateau a quitté la côte nord de la France dans la nuit de samedi à dimanche. Rapidement, la situation vire au cauchemar : le moteur refuse de démarrer et l’embarcation commence à dériver sans contrôle. Les passagers, entassés à 82 à bord d’un petit canot prévu pour un nombre bien inférieur de personnes, se retrouvent pris au piège en pleine mer.
Selon Christophe Marx, responsable régional ayant pris la parole devant la presse, dix-sept personnes ont pu être secourues en mer et acheminées vers le port de Boulogne-sur-Mer. Les soixante-cinq autres ont finalement touché terre lorsque le bateau s’est échoué près de Neufchâtel-Hardelot, à environ douze kilomètres au sud de Boulogne. C’est là, à l’intérieur de l’embarcation immobilisée, que les corps des deux victimes ont été découverts.
Blessés, brûlés, survivants sous choc
Au-delà des deux décès, le bilan humain reste lourd. Treize personnes souffrant de blessures modérées et trois autres présentant des blessures graves — dont des brûlés — ont été transportées vers les hôpitaux de la région. Une enquête a été ouverte pour confirmer la nationalité des victimes et établir les responsabilités. Les survivants seront interrogés par la police aux frontières afin d’identifier les passeurs à l’origine de cette traversée.
Une série noire qui ne s’arrête pas
Ce drame est le troisième du genre en un peu plus d’un mois sur cette même route migratoire. Le 1er avril, deux personnes avaient péri au large de Gravelines. Huit jours plus tard, le 9 avril, quatre migrants — deux hommes et deux femmes — avaient été emportés par les courants. En 2025, au moins vingt-neuf personnes avaient trouvé la mort dans ces mêmes eaux, selon un décompte établi à partir de sources officielles françaises et britanniques.
Accords signés, drames répétés
Ces tragédies surviennent pourtant dans un contexte de coopération renforcée entre Paris et Londres. Les deux gouvernements ont signé le mois dernier un nouvel accord triannuel prévoyant un renforcement des patrouilles côtières françaises et une augmentation de la contribution financière britannique aux opérations de surveillance. Les autorités françaises soulignent par ailleurs une baisse notable du nombre d’arrivées en Grande-Bretagne depuis le début de l’année par rapport à la même période en 2025.
Mais tant que des personnes désespérées confieront leur vie à des embarcations de fortune et à des réseaux de passeurs, aucun accord bilatéral ne suffira à effacer le bilan humain de la Manche.









