Le sommet Canada-UE s’est tenu à Montréal pendant deux journées. Mark Carney y a reçu Ursula von der Leyen et Antonio Costa. Les dirigeants ont signé une déclaration commune avec les Vingt-Sept. Vendredi, une conférence de presse a clôturé les échanges.
Ensuite, Mark Carney a consolidé son idée d’un « membre associé » officiel de l’UE. Il décrit un projet fondé sur le partenariat, l’équilibre et le respect mutuel. Toutefois, il n’a pas détaillé le calendrier. Les observateurs attendent donc des précisions rapides.
Un titre qui n’existe pas encore
Le Canada pourrait devenir le premier « membre associé » de l’Union européenne. Pourtant, ce statut n’apparaît dans aucun traité actuel. Ursula von der Leyen l’a rappelé à Montréal. Selon elle, un pays hors d’Europe ne peut pas adhérer au bloc. Les traités européens sont clairs sur ce point.
Par ailleurs, Mark Carney reste volontairement flou sur la suite. Il promet des précisions dans les prochains mois. Ainsi, le contenu et la portée du futur accord demeurent inconnus. D’ailleurs, la déclaration commune des Vingt-Sept évite ce vocabulaire.
Berlin freine, Bruxelles nuance
Plusieurs capitales européennes affichent des réticences. Selon une source, l’Allemagne évoquerait même une ligne rouge. Cette opposition explique le ton prudent de la présidente de la Commission. Vendredi matin, elle a parlé d’une relation aussi étroite que possible. Cette position pourrait compliquer les négociations à venir.
Pourtant, elle a ensuite repris le terme controversé. Elle assure que les États membres et les citoyens soutiennent largement ce rapprochement. De son côté, Mark Carney a minimisé l’importance du titre jeudi. Quelques heures plus tard, il l’employait lui-même devant des gens d’affaires.

Photo : La Presse canadienne / Christopher Katsarov
Une réponse aux pressions de Washington
Mark Carney associe cette alliance à la souveraineté et à la résilience. Ces mots visent clairement les tarifs douaniers de Donald Trump. De plus, la menace d’annexion pèse sur les relations canado-américaines. Ottawa cherche donc des partenaires fiables ailleurs.
Antonio Costa partage cette lecture du contexte mondial. Il défend un ordre international fondé sur des règles claires. En effet, la montée du protectionnisme inquiète les deux rives de l’Atlantique. Il invoque aussi la confiance mutuelle et des valeurs communes fortes.
Des chantiers pour concrétiser l’alliance
Le partenariat couvre le commerce, l’intelligence artificielle et l’énergie. Il touche aussi les matières premières critiques, la sécurité et la défense. Mark Carney parle d’une arche transatlantique. Selon lui, elle repose sur l’équilibre et le respect mutuel. L’accord inclut aussi un volet financier important.
Par ailleurs, la Banque européenne d’investissement financera des ressources canadiennes stratégiques. Les étudiants, les travailleurs et les chercheurs bénéficieront aussi de règles élargies. Ainsi, traverser l’Atlantique pour étudier ou travailler deviendra plus simple. Ces mesures donnent un contenu concret au discours politique.
Le Québec absent de la photo
Le premier ministre québécois, Paul St-Pierre Plamondon, a boycotté le sommet. Ottawa l’invitait à y assister sans prononcer de discours. Il a refusé, car il y voyait un manque de respect. Québec a donc délégué son diplomate en chef, Pascal Paradis.
Pascal Paradis a rencontré Ursula von der Leyen en marge du sommet. Il voulait porter un message d’amitié aux partenaires européens. Toutefois, il regrette le manque de collaboration du gouvernement fédéral. Québec aurait préféré représenter la province aux côtés de Mark Carney. Cette entrevue s’est déroulée en dehors des séances officielles.
Ce qui attend les négociateurs
Les prochains mois seront décisifs pour définir ce statut inédit de « membre associé » du Canada . Les Vingt-Sept devront d’abord s’entendre sur son contenu. Ensuite, les négociateurs fixeront les droits et obligations de chaque camp. Enfin, l’Allemagne pourrait peser lourd dans la discussion.
Pour Mark Carney, l’enjeu dépasse les mots et touche l’avenir économique du pays. Toutefois, sans accord clair, le titre risque de rester symbolique. Les Canadiens verront bientôt si cette arche tient ses promesses. En attendant, le dialogue avec Bruxelles se poursuit très activement ces jours-ci.









