Guinée équatoriale : un rapport accablant sur la gestion des fonds du ministère des Hydrocarbures
Une commission d’enquête remet ses conclusions
Une commission spéciale d’enquête a remis son rapport au vice-président Nguema Obiang Mangue. Ce document examine la gestion de fonds sensibles du ministère des Hydrocarbures, des Mines et de l’Électricité. Il concerne les frais techniques et la formation du personnel. Ces ressources provenaient des compagnies pétrolières.
Entre 2017 et 2022, ces compagnies versaient les sommes dues aux employés sur un compte unique. La Société Générale de Bank abritait ce compte. Depuis, la banque s’appelle Vista Bank Equatorial Guinea. Or, l’analyse des flux révèle des anomalies majeures.
Plus de 867 millions de FCFA sans justification
Les enquêteurs ont repéré plus de 867 millions de FCFA de paiements suspects. En effet, ni leur origine ni leur destination ne trouvent de justification. Pourtant, les signataires des comptes avaient bien autorisé ces opérations. Ce paradoxe interroge les contrôles internes.
Par ailleurs, la commission décrit un système au sommet de l’ancienne équipe ministérielle. Selon le rapport, de hauts responsables y auraient joué un rôle actif. Certains fonctionnaires créaient des sociétés pour fournir des prestations à leur propre ministère. Ainsi, les conflits d’intérêts trouvaient un terrain favorable.
Equatorial Atlantic SL, un cas emblématique
Le dossier d’Equatorial Atlantic SL illustre ce mécanisme. Cette société puisait dans les comptes de frais techniques et de formation. Au total, elle a perçu 89 millions de FCFA sur le premier compte. De plus, elle a encaissé 1,2 milliard de FCFA sur le second.
Toutefois, les irrégularités ne s’arrêtent pas à l’ancienne équipe. Pour la période 2023-2026, les enquêteurs ont examiné les mêmes comptes. Ils y ont détecté de nouvelles opérations douteuses. Celles-ci atteignent 2,5 milliards de FCFA.
Les techniciens réclament leurs honoraires
Ces révélations remettent au premier plan la situation des techniciens du secteur. Depuis des années, plusieurs d’entre eux réclament des honoraires impayés. Leur colère trouve désormais un écho officiel. En clair, le rapport confirme leurs soupçons.
Face à ces conclusions, le vice-président a réagi fermement. Il exige le remboursement intégral des fonds identifiés. En outre, il ordonne le paiement des honoraires dus aux techniciens. Cette décision marque un tournant pour le personnel concerné.
Une volonté affichée de transparence
Finalement, cette mesure traduit la volonté de l’Exécutif de la Guinée équatoriale de clarifier enfin la gestion des ressources publiques. Elle vise également à renforcer la transparence dans les secteurs des hydrocarbures, des mines et de l’électricité. Reste désormais à vérifier l’application réelle de ces décisions sur le terrain.









