Le classement des dix premiers clients du Gabon réserve une surprise au premier trimestre 2026. En effet, l’Égypte y fait une entrée fracassante. Ses achats bondissent de plus de 117 000% en glissement annuel. Ces chiffres proviennent notamment des données de la DGEPF et de la DGDDI. Toutefois, ce chiffre mérite une lecture prudente. Or, une telle envolée ne traduit généralement pas une dynamique commerciale organique. Elle s’explique plutôt par un effet de base bien connu des statisticiens. Les échanges avec l’Égypte étaient quasiment nuls un an plus tôt. Ainsi, la moindre hausse en valeur absolue se transforme mécaniquement en variation vertigineuse à l’affichage.
Le poids de l’Égypte dans les exportations gabonaises retient davantage l’attention que ce pourcentage spectaculaire. Concrètement, il atteint désormais 4,6% du total au premier trimestre. Le score en fait, de loin, le premier partenaire africain à l’export du pays. Il devance l’ensemble de la zone CEMAC réunie. Cette dernière ne pèse en tout et pour tout que 1,0% des ventes gabonaises à l’étranger sur la période. Par ailleurs, le continent africain ne représente que 7,1% des exportations du Gabon. L’Asie domine largement avec 71,0% des parts, tirée par la Chine, l’Inde et l’Indonésie.
Un partenariat régional resté marginal
Ce constat illustre en réalité une réalité structurelle bien connue de l’économie gabonaise. Malgré les discours récurrents sur l’intégration régionale, les débouchés du pays restent tournés vers l’Asie. L’Europe et l’Amérique arrivent loin derrière, en position clairement secondaire. Dès lors, la percée égyptienne ne traduit pas un basculement stratégique vers l’Afrique. Elle reflète plutôt l’effet ponctuel d’un ou plusieurs contrats isolés, dont la nature exacte reste floue à ce jour.
Ce qu’il faudra surveiller
Reste une question centrale : ce flux commercial va-t-il réellement perdurer dans le temps ? Les autorités gabonaises espèrent diversifier leurs partenaires commerciaux sur le continent africain. Néanmoins, cette relation naissante avec Le Caire devra se traduire par des échanges récurrents et durables. Sinon, ce pic isolé pourrait retomber dès le trimestre suivant. D’autres pays ont déjà connu ce sort. Ils sont entrés puis sortis du top 10 des clients du du Gabon au fil des trimestres. Jamais ils ne s’y sont vraiment installés.









