Le compte à rebours a démarré mercredi à l’Assemblée nationale. Les députés ont déclaré recevable le projet de loi de reddition des comptes de l’exercice 2025. Ensuite, le texte file vers la Commission économique, financière et contrôle budgétaire. Cette dernière dispose de sept jours pour présenter son rapport. Le délai presse.
Aucun débat général n’a eu lieu ce jour-là. Le député Patrick Matata a soulevé une motion de procédure. Selon lui, la Chambre basse avait déjà jugé recevables, la veille, les observations de la Cour des comptes. Dès lors, la discussion attendra le rapport de la commission. Les élus suivent cette logique.
Ce que disent les chiffres de 2025
Le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde, a ouvert le dossier chiffré. Sur 50 691 milliards de francs congolais prévus, le pouvoir central a encaissé 41 979 milliards. Cela représente un taux de réalisation de 82 pour cent. De plus, le budget général affiche 38 000 milliards contre 45 000 prévus.
Les recettes internes forment le point fort du bilan. Elles atteignent 30 250 milliards, pour une prévision de 30 647 milliards. Le taux grimpe ainsi à 98 pour cent. Le ministre s’en félicite, malgré le contexte de guerre. Hormis 2022, année du boom minier, 2025 se distingue. Les chiffres parlent d’eux-mêmes.
Guerre et donateurs : un budget sous pression
Le ministre a dressé le décor d’une année difficile. Selon lui, l’occupation de Goma et de Bukavu par l’AFC/M23 a privé l’État d’une grande partie de ses recettes. La pression pèse lourd. Il évoque un appui du Rwanda à cette rébellion. En outre, certains donateurs ont réduit ou suspendu leur soutien.
Pourtant, l’État a maintenu ses interventions en faveur des personnes déplacées et des populations touchées par les conflits. Il a aussi financé les services sociaux essentiels, dont la santé, l’éducation et la protection sociale. Doudou Fwamba y voit une tenue remarquable des finances publiques. Les députés jugeront donc sur pièces.
Reddition des comptes : à quoi sert cet exercice ?
Ce texte suit les mêmes règles et formes que la loi de finances de l’exercice clos. Il permet d’arrêter définitivement le compte général du pouvoir central. Il clôture aussi le budget de l’exercice précédent. Cette étape clôt officiellement toute l’année budgétaire 2025. Ainsi, chaque franc dépensé doit trouver sa trace.
La reddition des comptes 2025 établit le niveau réel des recettes encaissées. Elle fixe aussi celui des dépenses effectivement payées. Aimé Boji Sangara, président de l’Assemblée nationale, a invité le bureau de la commission à respecter le délai. Les membres du gouvernement concernés devront participer aux réunions, selon l’article 91 du règlement intérieur.
Le vrai débat s’ouvrira avec le rapport
Désormais, tous les regards se tournent vers la commission. Le président encourage aussi les députés non membres à y participer. Si le rapport arrive à temps, le débat pourra enfin s’ouvrir. Alors, les chiffres annoncés affronteront l’épreuve des questions. Chacun attend ce rendez-vous avec impatience.









