Samedi soir, la Colombie-Britannique a tourné une page d’histoire vieille de près d’un siècle. Lorne Doerkson et ses conservateurs ont raflé une majorité que personne n’osait imaginer il y a quelques mois. Ainsi, le parti sorti de la crise retrouve enfin le pouvoir en grand.
D’abord, les premiers résultats ont dessiné une avance nette, presque insolente, pour les conservateurs. En fin de soirée, les conservateurs alignaient 64 candidats victorieux ou en tête, contre 27 pour le NPD. Cette marée bleue n’a laissé au NPD que les miettes d’un long pouvoir.
Doerkson, le pilote de dernière minute
À peine arrivé à la tête du parti, Lorne Doerkson a pris le volant en pleine tempête. Il a aussi conservé son siège de Cariboo–Chilcotin, un troisième mandat à la clé. Dès lors, il savoure pleinement une victoire que peu d’analystes lui promettaient encore hier.
Son discours enflammé a promis de ramener les capitaux dans la province. Il vise le doublement de la production de gaz naturel d’ici 2032, puis son triplement d’ici 2035. Par ailleurs, il s’engage à alléger la paperasse administrative comme jamais auparavant dans toute la province.
David Eby, un pari perdu
David Eby avait déclenché ce scrutin anticipé le mois dernier, deux ans avant l’échéance. Il misait sur la fragmentation du Parti conservateur pour s’offrir un quatrième mandat consécutif. Or, le pari s’est retourné contre lui comme un boomerang, et la sanction des urnes fut brutale.
Moins de deux heures après la fermeture des bureaux de vote, il a concédé la défaite. Puis il a annoncé sa démission du poste de chef néo-démocrate, tout en gardant son siège de Vancouver–Point Grey. Il en assume personnellement l’entière responsabilité, sans détour.
Le grand Vancouver bascule, les Verts tiennent bon
Le NPD a perdu pied dans la métropole de Vancouver, son terrain d’hier. Delta North, Surrey–Guildford, Surrey City Centre et Richmond–Steveston ont viré au bleu. North Vancouver–Seymour a suivi cette même pente. Bref, chaque circonscription tombée dans l’escarcelle conservatrice a pesé lourd dans la balance.
Les Verts, eux, gardent la tête hors de l’eau avec deux sièges. Emily Lowan, 26 ans, entre à l’Assemblée législative pour sa première campagne électorale. Jeremy Valeriote, réélu dans West Vancouver–Sea to Sky, complète ce petit caucus. À l’inverse, deux autres cheffes mordent la poussière.
Quatre ans pour transformer l’essai
Selon l’historien Nicolas Kenny, de l’Université Simon Fraser, le désir de changement couvait depuis longtemps. En 2024, le NPD l’emportait pourtant de justesse, avec 47 sièges contre 44 aux conservateurs. Cinq semaines de campagne ont tourné autour du logement, de la santé et des prix.
Désormais, le gouvernement Doerkson devra transformer l’essai face à une opposition réduite mais combative. Emily Lowan promet de le forcer à rendre des comptes durant quatre ans. Enfin, les électeurs ont parlé, et ils attendent maintenant des actes concrets plutôt que de beaux discours enflammés.









