Dans la nuit du 17 au 18 juin, Moscou subit l’une de ses pires nuits de guerre. Une attaque à grande échelle de drones ukrainiens frappe la capitale russe. Plusieurs projectiles atteignent la MNPZ, l’une des plus grandes raffineries du pays. Des colonnes de fumée noire s’élèvent au-dessus des toits. Simultanément, Vladimir Poutine accueille des dirigeants asiatiques au sommet Russie-ASEAN à Kazan. La capitale brûle pendant que son président reçoit ses alliés.
La MNPZ, cible stratégique au cœur de Kapotnia
La raffinerie Gazpromneft de Kapotnia n’est pas une cible ordinaire. Elle fournit plus d’un tiers du carburant de Moscou, notamment pour ses aéroports. Or, c’est déjà la deuxième frappe en deux jours sur ce site. Mardi 16 juin, une première vague de drones l’avait également visée. Ainsi, l’Ukraine cible méthodiquement les artères énergétiques de la machine militaire russe. Chaque baril détruit est une blessure économique infligée à l’effort de guerre de Moscou.
Chérémétievo évacué, puis rapidement rétabli
L’attaque déclenche immédiatement une alerte aérienne à l’aéroport de Chérémétievo. Passagers et personnels quittent terminaux et avions vers des abris sécurisés. Toutefois, peu avant 5h TU, les mesures d’urgence sont levées. L’aéroport reprend progressivement son fonctionnement normal. Par ailleurs, dans la région de Moscou, un immeuble résidentiel et un centre commercial subissent des dégâts. Heureusement, aucun blessé n’est déploré. La défense aérienne russe aura finalement intercepté plus de 500 drones durant cette seule nuit.
Zelensky revendique, Sobianine comptabilise
Dès le lendemain matin, Volodymyr Zelensky revendique l’opération sans détour. Il la qualifie de « riposte justifiée » et salue le travail de ses combattants. De son côté, le maire de Moscou Sergueï Sobianine publie les chiffres sur Telegram. Il recense 52 drones détruits à 4h15, puis 180 abattus au total près de la capitale. Néanmoins, plusieurs appareils ont franchi les défenses. C’est la plus grande attaque contre Moscou depuis au moins deux ans, selon l’agence TASS.
Une guerre d’usure sans horizon diplomatique
En définitive, cette nuit illustre l’escalade permanente d’un conflit qui dure depuis plus de quatre ans. La Russie frappe l’Ukraine presque quotidiennement. En retour, l’Ukraine intensifie ses frappes en profondeur sur le territoire russe. Elle vise systématiquement les infrastructures de transport et de stockage d’hydrocarbures. L’objectif est clair : assécher la capacité financière de Moscou à soutenir son effort de guerre. Ce conflit, le plus meurtrier en Europe depuis 1945, cherche encore son issue diplomatique.









