« Israël parie sur l’échec de la deuxième phase de cet accord et sur le fait qu’aucune entente n’est possible entre la République islamique et les États-Unis. » — Clément Therme, spécialiste de l’Iran.
Un accord signé sans Israël : le désaveu de Versailles
Le 17 juin 2026, à Versailles, Donald Trump signe à distance le mémorandum irano-américain en quatorze points. Simultanément, Téhéran valide le texte par voie électronique. Pourtant, Israël n’a pas participé aux discussions. Pire encore, Tel-Aviv a essuyé un refus initial pour consulter le document. Dès lors, l’État hébreu se retrouve spectateur d’un accord qui redessine son environnement stratégique.
Trump agacé, Netanyahou défiant : un partenariat fissuré
Les tensions éclatent publiquement en marge du G7. « Bibi doit être plus responsable en ce qui concerne le Liban », fulmina Trump. En effet, Israël avait mené une frappe sur Beyrouth pendant les négociations américaines. Par conséquent, Washington hausse le ton. Néanmoins, Trump qualifie aussitôt le différend de « petit désaccord ». De son côté, Netanyahou prévient : ses troupes resteront au Liban, en Syrie et à Gaza « aussi longtemps que nécessaire ».
Une classe politique israélienne en ébullition
À l’intérieur, l’accord embrase la scène politique israélienne. Le ministre Itamar Ben Gvir tranche :
« L’accord de Trump ne nous engage pas. » Yaïr Golan, chef des Démocrates, dénonce un texte négocié sans le consentement d’Israël. Finalement, certains commentateurs évoquent même une trahison. Toutefois, les analystes voient dans ces crispations un « désaccord conjoncturel et temporaire », dicté par des agendas électoraux divergents des deux côtés de l’Atlantique.
Les objectifs stratégiques israéliens restent hors de portée
Au terme du conflit, le bilan israélien est amer. Le régime iranien demeure en place. Le programme nucléaire et les missiles restent en suspens. Le Hezbollah et le Hamas, ces bras armés de Téhéran, ne figurent pas dans le mémorandum. Ainsi, toutes ces questions cruciales sont renvoyées aux futures négociations. Or, ces prochains mois définiront les nouveaux rapports de force régionaux.
Liban : l’inconnue qui peut tout faire basculer
Au sud du Liban, l’armée israélienne continue ses opérations sans instructions claires. En parallèle, Téhéran conditionne l’accord à la fin des frappes dans le pays du Cèdre. Désormais, deux scénarios s’affrontent. Un accord nucléaire placerait Israël dans une « impasse stratégique ». En revanche, l’échec des pourparlers ramènerait Tel-Aviv au cœur du jeu américain. Entre ces deux horizons, Israël attend, suspendu au fil fragile de la diplomatie.









