Un contexte politique explosif à Dakar
Ainsi, cette démission survient dans un Sénégal en pleine turbulence institutionnelle. Vendredi 22 mai 2026, le président Bassirou Diomaye Faye met fin aux fonctions du Premier ministre Ousmane Sonko. Il limogie dans la foulée l’ensemble du gouvernement. La rupture entre les deux hommes était attendue. Leurs relations s’étaient progressivement détériorées au fil des mois. Le départ de Malick Ndiaye, proche d’Ousmane Sonko, s’inscrit dans ce contexte de crise. Il porte donc la marque d’une réplique politique du camp Sonko face à Faye.
Une réunion d’urgence précède le coup de théâtre
En effet, dans l’après-midi du 24 mai, le bureau de la chambre basse tient une réunion d’urgence. La correspondante de RFI à Dakar, Pauline Le Troquier, confirme la tenue de cette réunion. L’atmosphère est tendue au sein de l’hémicycle. Peu après, Malick Ndiaye rend publique sa décision. Cet enchaînement rapide d’événements surprend les observateurs politiques sénégalais. Il révèle une crise institutionnelle profonde et mal anticipée. Le pays entre dans une zone d’incertitude politique inédite depuis l’élection de Faye en 2024.
Sonko en position de prendre la tête de l’Assemblée
Ainsi, la démission de Malick Ndiaye ouvre une opportunité directe pour Ousmane Sonko. Son parti, le Pastef, détient la majorité absolue à l’Assemblée nationale. Il peut donc peser sur le choix du nouveau président de la chambre. Sonko lui-même pourrait briguer ce poste stratégique. Pour cela, il doit d’abord retrouver son siège de député. Il l’avait décroché lors des élections législatives de 2024. Cette démarche reste techniquement possible et politiquement cohérente avec sa stratégie.
Un équilibre institutionnel fragilisé
En effet, en l’espace de 48 heures, le Sénégal perd son Premier ministre et son président de l’Assemblée nationale. Ces deux départs bouleversent l’équilibre des pouvoirs mis en place depuis 2024. Bassirou Diomaye Faye concentre désormais un pouvoir exécutif renforcé. Toutefois, il fait face à un Pastef toujours dominant au Parlement. Ainsi, cette cohabitation inversée crée une tension institutionnelle inédite. Les prochaines semaines déterminent la direction que prend la démocratie sénégalaise. La communauté internationale observe attentivement l’évolution de cette crise politique majeure.









