Le 2 juin 2026, Emmanuel Macron a reçu Macky Sall à l’Élysée. Cette entrevue n’apparaissait pas à l’agenda officiel du chef de l’État français. Pourtant, elle s’inscrit dans un contexte diplomatique crucial. L’ancien président sénégalais brigue le poste de secrétaire général des Nations unies. Il vise la succession d’António Guterres, prévue au 1er janvier 2027.
Macky Sall a lui-même rendu la rencontre publique. Il a diffusé une photo des deux hommes se serrant la main dans le grand escalier de l’Élysée. Ce geste de communication confirme sa stratégie internationale assumée et méthodique.
Un message fort adressé à la communauté internationale
Dans son message publié en français et en anglais, l’ancien chef d’État exprime une vision partagée. Selon lui, la France et lui-même s’accordent sur la nécessité d’une ONU ambitieuse, réformée et revitalisée. Il insiste sur trois priorités : renforcer l’efficacité, améliorer la représentativité et mieux répondre aux attentes des États.
Ces orientations s’inscrivent dans la continuité de sa proposition d’avril 2026. Lors de son audition devant l’Assemblée générale de l’ONU, il avait présenté une feuille de route en trois mots : rationaliser, simplifier et optimiser. Cette formule concise reflète une ambition claire de modernisation du multilatéralisme.
Paris reste officiellement silencieux sur son soutien
Néanmoins, l’Élysée n’a fait aucune déclaration officielle sur cette réunion. La France n’a pas confirmé son soutien à la candidature de Macky Sall. Ce silence diplomatique laisse toutefois la porte ouverte à de futures annonces favorables. En outre, les relations entre les deux hommes restent cordiales depuis plusieurs années.
Des médias sénégalais estiment que la bienveillance de Paris représente un atout stratégique. Dans la course à la succession de Guterres, tout signal favorable d’un membre permanent du Conseil de sécurité compte énormément. La France dispose précisément de ce poids décisif sur la scène onusienne.
Dakar choisit la neutralité face à son ancien président
Paradoxalement, Macky Sall mène cette campagne internationale sans le soutien officiel du Sénégal. En mai 2026, le président Bassirou Diomaye Faye a clairement annoncé une position neutre. Il a même précisé que Dakar n’avait pas participé au lancement de cette candidature.
Ce désaveu implicite crée une situation inédite. Rarement un ancien chef d’État postule à une fonction multilatérale sans l’appui de son propre pays. Cependant, Macky Sall persiste et multiplie les contacts diplomatiques à l’échelle mondiale. Sa démarche illustre une ambition personnelle forte et bien structurée.
Une candidature qui mobilise les partisans à Dakar
Malgré ce contexte délicat, ses partisans sénégalais restent mobilisés. Néné Tall, cadre de l’Alliance pour la République, a relayé la photo de l’entrevue avec enthousiasme. Sur les réseaux sociaux, elle a salué la démarche de son leader comme celle d’un homme pensant à l’avenir du monde.
Par ailleurs, plusieurs médias en ligne sénégalais couvrent activement chaque étape de cette campagne. La visibilité internationale de Macky Sall continue ainsi d’alimenter le débat politique au Sénégal. Certains y voient un retour en force par la voie diplomatique. D’autres s’interrogent sur la pertinence d’une telle démarche sans mandat national.
Un scrutin mondial attendu fin 2026
Le calendrier de l’élection reste serré. Le prochain secrétaire général des Nations unies prendra ses fonctions au 1er janvier 2027. Son élection interviendra quelques semaines auparavant, à l’automne 2026. D’ici là, chaque rencontre diplomatique pèse dans la balance.
Ainsi, la visite à l’Élysée marque une étape importante dans la stratégie de Macky Sall. Elle confirme sa capacité à mobiliser des interlocuteurs de haut niveau. Elle montre également qu’il entend peser sur la scène mondiale, au-delà de son bilan national et de sa situation politique au Sénégal.









