Un peu plus de 161 000 personnes voteront pour la première fois. Le scrutin au Québec se tiendra le 5 octobre. Selon Élections Québec, cette hausse dépasse 50% depuis 2022. En effet, ces citoyens viennent de nombreux pays. Beaucoup expriment une fierté sincère face à ce droit.
Paula Alvarez incarne cet attachement au vote. Arrivée du Honduras en 1987, elle vote depuis 1994. Selon elle, décider collectivement reste un devoir citoyen. Elle souhaite également des élus moins intéressés par leurs intérêts. Ainsi, voter demeure pour elle fondamental.
Une communauté vigilante face aux discours ambiants
À l’Accueil aux immigrants de l’Est de Montréal, l’ambiance a changé. La conseillère Yisel Perez Acosta observe une intolérance grandissante. Selon elle, les immigrants ne créent pas la crise du logement. Ce sont plutôt les politiques mal ajustées. Ces mesures récentes ont d’ailleurs changé la demande.
Autrefois, des dizaines de personnes cherchaient un logement. Aujourd’hui, ce nombre a nettement diminué. Néanmoins, Mme Perez Acosta plaide pour un équilibre. Le Canada a besoin de main-d’œuvre. Elle défend donc une immigration mieux planifiée.
Le marché du travail mise sur la diversité
Au marché Jean-Talon, l’agriculteur Robert Beauregard emploie des immigrants. Il assure que les Québécois postulent rarement. Par ailleurs, il s’inquiète des tarifs américains bien plus que de l’immigration. Ses exportations de légumes ont chuté récemment. Cette situation le préoccupe davantage.
Chez Duchesnay, entreprise pharmaceutique, la diversité reste un atout. Près de 18% du personnel vient de l’étranger. La vice-présidente Caroline Guerru y voit un avantage. Des employés comme Daniela Montes voteront le 5 octobre. Ils veulent peser sur les enjeux.
Le TCRI appelle à un débat plus responsable
Stephan Reichhold votera lui aussi pour la première fois. Il dirige la Table de concertation des organismes. Il critique des propos stigmatisants envers les demandeurs d’asile. De tels discours avaient déjà nui en 2018. Cependant, il juge le climat actuel plus apaisé.
En 2018, plusieurs discours anti-immigrants avaient marqué les esprits. Depuis, la ministre Fréchette adopte un ton plus mesuré. Malgré tout, la vigilance reste de mise. Chaque parti pourrait céder à ce registre. Le débat migratoire demeure sensible.
Des seuils d’immigration qui divisent nettement les partis
Le Québec a accueilli 60 000 immigrants l’an dernier. La CAQ propose un plafond de 45 000 par an. En comparaison, le Parti québécois vise 35 000 personnes. Québec solidaire souhaite plutôt accueillir 70 000 personnes. Enfin, le Parti libéral privilégie une fourchette large.
De son côté, le Parti conservateur cible l’immigration temporaire. Certes, ces écarts illustrent des visions économiques différentes. Enfin, certains partis lient immigration et pénurie de main-d’œuvre. D’autres insistent sur l’intégration linguistique. Ce débat façonnera la campagne.
Le vote immigrant, un enjeu électoral stratégique
Selon la politologue Evelyne Brie, les non-francophones votent souvent libéral. Ce clivage reste rarement contesté par les autres partis. De plus, la tendance pourrait profiter aux libéraux en banlieue. En effet, de nombreux immigrants s’y installent durablement. Ce vote pourrait ainsi peser sur le scrutin.
Source Radio Canada









