Libreville, lundi 29 juin 2026 – Une convocation matinale a semé la confusion à Libreville. En effet, des forces de l’ordre encerclaient les sites de la SEEG dès l’aube. Par ailleurs, sur les réseaux sociaux, une alerte annonçait sans nuance une arrestation des responsables. Or, la réalité différait totalement de cette rumeur. En réalité, le dispositif acheminait simplement les agents vers le Centre des métiers Jean Violas. Désormais, le président Brice Clotaire Oligui Nguema avait choisi de venir les écouter en personne. Ainsi répondait-il à l’appel du syndicat SYNTEE+, réclamant un « dialogue franc, direct et sans intermédiaire ».
Selon des syndicalistes, les agents ont été extraits « à la manière militaire » des bureaux. Des camions, surnommés « Veléras », les ont ensuite conduits vers le centre de formation. De plus, mobilisés dès la matinée, ils ont patienté jusqu’à l’arrivée présidentielle, vers 14 heures. L’échange s’est finalement clos aux alentours de 17 heures. Le chef de l’État assume néanmoins une convocation courtoise. En outre, il affirme avoir demandé aux généraux d’agir « poliment, discrètement ». « On ne va taper personne. Et on va échanger librement », avait-il promis.
Un réquisitoire sans détour
Ensuite, l’échange, debout et informel, a rapidement tourné au procès. D’abord, rappelant sa promesse de campagne, le président a cité « l’eau, l’électricité, le chômage et la vie chère ». Il a ainsi évoqué 35 milliards de francs CFA investis depuis le 30 août. Par ailleurs, il a déploré des groupes importés restés inutilisés sans raison valable. Il s’est dit « sidéré » par des pannes attribuées à une confusion entre eau et gasoil. « Un technicien ne peut pas confondre l’eau et le gasoil », a lancé Oligui Nguema. Sa conclusion fut cinglante : « C’est vous le problème. Ce n’est pas moi. »
Le commerce parallèle de l’eau pointé du doigt
Le passage le plus sévère du président Oligui Nguema a visé la pénurie d’eau. En effet, selon le président, certains agents vendraient de l’eau en citerne. « Je vais tout faire pour saboter le projet d’eau », aurait-il résumé leur logique. L’accusation visait même la complicité présumée avec des réseaux illégaux. Sur le plan social, il s’est aussi étonné d’une réclamation du treizième mois. « On paye le 13e mois avec quoi ? », a-t-il interrogé.
La version officielle et les solutions annoncées
Dans son communiqué, la présidence évoque une « gouvernance de proximité ». Elle érige l’accès à l’eau et à l’électricité en « droit fondamental ». Par conséquent, des centrales thermiques à gaz arriveront dès juillet 2027. Le président mise également sur l’opérateur Suez pour résoudre la crise hydrique. Du côté des agents, on dénonce toutefois un « mauvais casting » et un « mauvais management ». L’enjeu demeure considérable pour cette entreprise stratégique et vitale pour le pays tout entier.









