Le Nigeria ouvre une page judiciaire inédite. Trente-six militaires comparaissent devant une cour martiale. Ils sont accusés d’avoir fomenté un coup d’État en 2025. Cette audience marque un tournant dans l’histoire démocratique du pays.
Un complot qui menaçait 25 ans de démocratie
Le Nigeria est la nation la plus peuplée d’Afrique. Depuis son indépendance en 1960, le pays a subi plusieurs régimes militaires. Ce putsch avorté aurait mis fin à plus de vingt-cinq ans de gouvernance démocratique. Les autorités ont réagi avec fermeté face à cette menace.
Les audiences se déroulent à huis clos, selon la tradition militaire. L’armée n’a pas encore officiellement nommé le chef présumé du complot. Toutefois, plusieurs médias locaux citent le colonel Mohammed Ma’aji. Des actes qualifiés de terroristes lui sont reprochés dans les documents judiciaires.
Profil de l’accusé central : un officier expérimenté
Ma’aji a 49 ans et une carrière militaire dense. Ancien commandant du 19e bataillon, il a opéré dans le delta du Niger. Il y a mené des opérations contre le trafic pétrolier illégal. Son profil traduit une connaissance approfondie du terrain sécuritaire nigérian.
Des civils également dans le collimateur de la justice
Parallèlement, une procédure civile suit son cours à Abuja. L’ex-ministre du Pétrole Timipre Sylva est impliqué, mais reste introuvable. Il n’est pas encore formellement inculpé. Des témoins militaires évoquent pourtant des liens financiers entre lui et les suspects principaux.
Un électricien travaillant à la présidence est également poursuivi. Zekeri Umoru aurait facilité l’accès à la villa présidentielle. Il affirme avoir reçu de l’argent sans connaître les véritables intentions de ses commanditaires. Son témoignage reste central dans ce volet civil.
Par ailleurs, la Haute Cour fédérale juge d’autres figures importantes. Le général à la retraite Mohammed Ibrahim Gana y figure. Le capitaine retraité Erasmus Ochegobia Victor également. Leurs rôles présumés dans la conspiration seront examinés lors des prochaines audiences.
L’EFCC entre en scène
La Commission économique et financière nigériane (EFCC) intensifie la pression. Elle a lancé un avis de recherche contre Timipre Sylva. Des accusations de détournement de fonds s’ajoutent à l’affaire. Ainsi, ce procès dépasse le seul cadre militaire.
En conclusion, ce procès révèle la fragilité des institutions démocratiques africaines face aux ambitions militaires. Le Nigeria s’engage dans une bataille judiciaire qui résonnera bien au-delà de ses frontières.









