À 81 ans, Yoweri Museveni prête serment pour la septième fois consécutive à Kampala. depuis 1986. Il est le 4e président le plus vient en termes de durée au pouvoir, plus de 36 ans Une cérémonie marquée par des déclarations fracassantes contre l’opposition et des doutes persistants sur la sincérité du scrutin.
Sept mandats et une emprise totale sur le pouvoir
Yoweri Museveni dirige l’Ouganda sans interruption depuis 1986. Son investiture du 12 mai 2026 consacre quatre décennies d’hégémonie politique. Les résultats officiels de janvier lui accordaient 72 % des suffrages exprimés.
Pourtant, cette victoire écrasante ne fait pas l’unanimité. Les observateurs électoraux africains et les organisations de défense des droits humains ont dénoncé de graves irrégularités. Une coupure d’Internet et une répression sévère de l’opposition ont entaché le processus.
Une rhétorique offensive contre l’opposition
Dans son discours d’investiture, Museveni a durci le ton. Il a qualifié ses adversaires politiques de « terroristes », les accusant d’avoir planifié des violences pour faire basculer les résultats. Il a ciblé nommément la Plateforme d’unité nationale (NUP) de Bobi Wine.
Pour les analystes, ce discours masque une réalité : le scrutin n’était qu’une formalité. Le contrôle total de l’État et de l’appareil sécuritaire par Museveni rendait toute alternance peu probable.
Une opinion publique divisée
Sur le terrain, les Ougandais sont loin de partager un avis unanime. Certains partisans restent loyaux et enthousiastes. D’autres, y compris des soutiens, expriment des attentes plus critiques.
Ce témoignage illustre une fracture profonde. Même parmi ses sympathisants, des voix s’élèvent pour dénoncer un pouvoir de plus en plus déconnecté des réalités sociales.
Un bilan contrasté après quarante ans au pouvoir
Museveni bénéficie encore d’une reconnaissance pour avoir stabilisé le pays après des décennies de chaos. Une partie de la population lui attribue une paix relative et des progrès économiques tangibles.
Néanmoins, la longévité au pouvoir soulève des questions légitimes. Pluralisme politique réduit, espace civique contraint et jeunesse aspirant au changement : les défis du prochain mandat s’annoncent considérables. L’Ouganda entre dans une période charnière de son histoire contemporaine.









