Lovo mise 100 millions de dollars sur l’œuf québécois malgré les tensions commerciales avec Washington. L’entreprise lance son Campus industriel de l’œuf à Saint-Hyacinthe.
Lovo a lancé les travaux de son nouveau campus industriel à Saint-Hyacinthe. Il vise surtout à augmenter la classification et la transformation des œufs. Le site occupera plus de 600 000 pieds carrés dans le parc industriel. Elle sera presque trois fois plus grande que l’actuelle.
De plus, le complexe accueillera une cuisine d’expérimentation. Il comprendra aussi des ateliers, une usine alimentaire et de nouveaux bureaux. Ainsi, Lovo veut renforcer toute sa chaîne de valeur au Québec.
Une capacité appelée à tripler
L’entreprise fonctionne actuellement à pleine capacité. Elle souhaite donc répondre à une demande soutenue. Chaque année, Lovo classe, transforme et commercialise plus de 2,4 milliards d’œufs.
Par ailleurs, 49 familles agricoles québécoises détiennent des parts de l’entreprise. Elles approvisionnent Lovo depuis leurs exploitations. Lovo transforme environ 312 millions d’œufs vers la deuxième ou troisième transformation. Le nouveau campus doit toutefois tripler sa capacité.
Un impact économique majeur
L’investissement arrive dans une filière importante pour l’économie canadienne. En 2025, le secteur canadien des œufs a généré 2 milliards de dollars de recettes agricoles. La production nationale a aussi atteint 997,2 millions de douzaines.
Au Québec, les secteurs avicole et des œufs soutiennent 32 872 emplois. Ils contribuent aussi à hauteur de 3,66 milliards de dollars au PIB. À plus grande échelle, l’agroalimentaire québécois représente 263 000 emplois équivalents temps plein. Il génère également 35 milliards de dollars de PIB. Chaque tranche de 100 millions investie dans l’agriculture stimule fortement les fournisseurs locaux.
Ainsi, le projet Lovo peut produire des retombées dans la construction, la logistique et les services.
La gestion de l’offre sous pression
Cependant, les tensions commerciales entretiennent une forte incertitude. Lovo surveille notamment les discussions entre Ottawa et Washington sur la gestion de l’offre. L’entreprise rappelle que les importations américaines représentent environ 7 % du marché canadien. Le reste de sa production répond principalement à la demande nationale.
« Ça peut paraître osé d’investir en ces temps incertains. » Sébastien Léveillé, PDG de Lovo, défend néanmoins la confiance dans le système. Cette confiance contraste avec les inquiétudes de Claudia Desilets. La présidente du conseil redoute une modification du système.
Une stratégie fondée sur la demande
Pour l’instant, le marché des œufs affiche une dynamique favorable. La demande progresse, tandis que les prix restent compétitifs et relativement stables. Cette tendance bénéficie aux protéines abordables recherchées par les consommateurs. Lovo veut donc transformer cette demande en avantage industriel durable.
Le Québec soutient aussi cette stratégie. En juillet, le gouvernement provincial a accordé 1,6 million de dollars à Lovo. Investissement Québec prévoit également un prêt pouvant atteindre 20 millions de dollars.
Le chantier traduit donc une conviction claire. Malgré les risques commerciaux, Lovo préfère investir plutôt que ralentir.









