Les chiffres donnent le vertige. Lundi 25 mai, le ministère de la Transition écologique a recensé plus de 350 records mensuels battus ou égalés. De plus, la baisse des températures n’est pas attendue avant dimanche. Selon Matthieu Sorel, « on manque de superlatifs pour qualifier cet épisode ». En effet, il cumule trois caractéristiques rares : une précocité inédite, une intensité extrême et une durée prolongée de la canicule.
Ainsi, les 30 °C seront atteints dans presque toutes les régions françaises. Par ailleurs, les nuits restent anormalement chaudes, dépassant 20 °C en Bretagne et en Vendée dès la nuit du lundi.
Pas surprenant, mais toujours choquant
Cependant, cet épisode de canicule n’est pas une surprise pour les scientifiques. « Ça fait des années qu’on alerte », rappelle Sorel. Le changement climatique multiplie ces événements et les déplace dans le calendrier.
Néanmoins, le climatologue insiste sur l’aspect choquant. La climatologie du nord-ouest de la France est littéralement redéfinie pour un mois de mai. Les records sont battus de plusieurs degrés, plusieurs jours consécutifs de canicule.
En comparaison, les épisodes historiques de 1947, 1953 ou 2022 paraissent bien modestes. Cet épisode les dépasse « très largement », souligne-t-il.
Demain : une nouvelle normalité climatique
Alors, que nous réserve l’avenir ? La réponse du climatologue est sans ambiguïté. Ce type d’épisode deviendra d’abord ponctuel, puis fréquent d’ici 2050, enfin quasi permanent en fin de siècle.
Depuis le XIXe siècle, la température moyenne terrestre a augmenté de 1,3 °C. Or, cette hausse est entièrement attribuée aux activités humaines et à la combustion des énergies fossiles.
Toutefois, ce réchauffement, inédit par sa rapidité, menace nos sociétés et la biodiversité mondiale. Des solutions existent pourtant : énergies renouvelables, sobriété, réduction de la consommation de viande.
La seule solution : stopper les émissions
La réponse de Matthieu Sorel est claire et directe. Il ne suffit pas de réduire les gaz à effet de serre, il faut les stopper complètement pour stabiliser le climat.
En conséquence, si les émissions cessaient, la température atmosphérique pourrait d’abord se stabiliser, puis diminuer progressivement. Agir maintenant reste donc la seule voie raisonnable pour une canicule.
Ce printemps 2025 n’est pas une anomalie isolée. C’est, selon la science, l’avant-goût d’un monde que nous construisons chaque jour par nos choix énergétiques collectifs.







