Le ministre camerounais de l’Administration territoriale a annoncé, mercredi 8 juillet, une mesure radicale. Il ferme prochainement 1 400 églises de réveil actives dans le pays. Cette décision intervient quelques jours après un meurtre survenu à Yaoundé. Les médias locaux, relayés par la presse française, ont rapporté cette annonce marquante.
Par le journaliste Roland Olouba Oyabi
Dans la nuit du 27 au 28 juin, un drame a bouleversé la capitale. Selon les médecins légistes, la mère de la victime a porté dix-sept coups de couteau à sa fille. Placée en détention, la suspecte fréquentait assidûment une église de réveil locale. Elle aurait agi sous l’influence d’un responsable religieux. Ce dernier lui aurait fait croire qu’un sacrifice réglerait ses difficultés financières. Cette affaire a profondément choqué l’opinion publique camerounaise, encore sous le coup de l’émotion.
Une église convoquée, un rappel à la loi
À la suite de ce drame, le ministre a reçu les responsables de l’église « Vie et Paix au Cameroun ». La mère de la fillette appartenait à cette communauté religieuse. Le ministre a rappelé que le meurtre reste proscrit par la loi. Il l’a aussi rappelé au regard des textes sacrés eux-mêmes. Cette rencontre visait notamment à clarifier les responsabilités de chacun dans ce drame.
Une population divisée face à cette annonce
Cette décision a suscité des réactions contrastées au sein de la population sur la fermeture des églises au Cameroun. Un reportage de France 24 a recueilli plusieurs avis divergents. Certains estiment que les autorités devraient fermer toutes les églises clandestines du Cameroun. Ces structures sont accusées de favoriser des dérives dangereuses et de pousser certains fidèles à des actes extrêmes. D’autres rappellent toutefois que le Cameroun reste un État laïc. Ils s’interrogent alors sur la responsabilité des autorités dans les autorisations délivrées.
Une prolifération encouragée par la tolérance administrative
Ces dernières années, les églises de réveil se sont multipliées au Cameroun. Elles ont notamment profité d’une tolérance administrative persistante. Cette tolérance s’exerce parfois au mépris de la réglementation en vigueur. En 2025, environ 200 églises avaient déjà fermé à Yaoundé, rappelle France 24. Ce nouveau tour de vis marque une étape supplémentaire dans cette régulation religieuse du pays.









