Le constat est brutal. Georges Michel Evina, secrétaire général de YUNUS S.A., ouvre le capital de la BVMAC sans langue de bois. Cette place couvre six pays, 60 millions d’habitants et 100 milliards de dollars de PIB. Pourtant, son compartiment actions pèse à peine 1 808,3 milliards de FCFA.
Seulement sept entreprises y figurent. À Abidjan, en revanche, la BRVM atteint 21 505 milliards de FCFA. Ainsi, Sonatel pèse seule 4 500 milliards, soit 2,5 fois la place d’Afrique centrale. L’écart donne le vertige.
Les champions dorment hors cote
Pendant ce temps, les géants camerounais restent à l’écart de la BVMAC. Selon lui, la SABC dégage 50,6 milliards de bénéfice net en 2025. Pourtant, elle reste hors cote. Les bénéfices existent, mais la cote les ignore.
De même, TRADEX affiche 384 milliards de chiffre d’affaires. MTN Cameroon en revendique 437. Ces trésors brillent dans l’ombre, comme des diamants au fond d’un tiroir. La bourse regarde passer ses meilleurs candidats.
Frais, délais et épargne mal orientée
Pourquoi cette désertion ? Parce que s’introduire à Douala coûte 1,5 % du montant levé. La procédure dure de quatre à six mois et n’attire aucun investisseur. Cette lenteur décourage les dirigeants. « Autant aller à Maurice. »
Résultat : l’épargne finance des Bons du Trésor à 6 %, tandis que les PME meurent sans crédit à 15 %. Ainsi, la région reste surliquide et sous-financée. Le calcul est vite fait.
Trois axes pour réveiller la bourse
Evina propose de décortiquer le dossier sous trois angles. D’abord, le scandale : frais, délais, rivalité entre COBAC et COSUMAF, échec de la fusion Douala-Libreville. Ensuite, la solution : copier le Sukuk du Sénégal. Du concret, applicable demain à Douala.
Il cite aussi l’obligation diaspora de la BRVM et le listing obligatoire des sociétés publiques. Enfin, il veut coter l’économie réelle. Chaque lundi, pendant trois semaines, il valorisera un champion : la SABC, TRADEX, puis Kribi. Cette série promet des chiffres, non des slogans.
SABC cotée : un indice parlant
Avec 50,6 milliards de bénéfice et un PER de 12, comme les brasseurs africains, la SABC vaudrait 607 milliards. Par conséquent, elle représenterait 33,6 % de la BVMAC actuelle. À elle seule. Le chiffre parle.
Pour Evina, financer Kribi avec l’épargne locale vaut mieux que la dette chinoise. Il le résume ainsi : « Une bourse n’est pas un casino pour riches. » Cette vision se veut souveraine, non technique. Les Camerounais deviendraient enfin actionnaires de leur propre économie.
Un rendez-vous citoyen chaque lundi
Evina conclut par un appel. Chaque lundi, l’auteur invite les lecteurs à commenter, proposer et critiquer. Car la bourse devient « l’endroit où un taximan de Douala peut posséder une part de la bière qu’il boit ». Ainsi, le débat s’ouvre à tous, sans tabou ni complaisance.









