La situation se détériore rapidement pour les communautés étrangères installées en Afrique du Sud. Des manifestations à caractère xénophobe ont récemment secoué plusieurs grandes métropoles du pays, dont Pretoria et Johannesburg. Les participants réclament un durcissement des politiques migratoires, accusant les étrangers sans papiers d’exercer une pression négative sur l’emploi, les services publics et la sécurité nationale. Dans ce contexte explosif, le gouvernement du Nigeria du président Bola Tinubu a décidé de prendre les devants en lançant un programme officiel de rapatriement volontaire destiné à ses ressortissants souhaitant quitter le pays.
130 Nigérians déjà inscrits, un chiffre appelé à croître
La ministre des Affaires étrangères du Nigeria, Bianca Odumegwu-Ojukwu, a confirmé qu’au moins 130 citoyens nigérians résidant en Afrique du Sud se sont déjà enregistrés auprès des missions diplomatiques pour bénéficier des vols de retour. Ces premières inscriptions ne constituent toutefois qu’un point de départ : les autorités d’Abuja anticipent une hausse significative de ce chiffre si les tensions venaient à s’aggraver dans les prochains jours.
De nouvelles manifestations sont en effet annoncées entre le 4 et le 8 mai 2026, alimentant les craintes d’une escalade incontrôlable.
Une réponse diplomatique ferme d’Abuja
Sur le plan diplomatique, le Nigeria a clairement haussé le ton. Abuja a convoqué le haut-commissaire sud-africain pour lui signifier sa « profonde inquiétude » et a exigé des garanties formelles quant à la protection de ses ressortissants sur le territoire sud-africain. Des discussions ont parallèlement été engagées directement avec les autorités de Pretoria.
Cette réaction intervient dans un contexte particulièrement grave : selon des sources officielles nigérianes, deux ressortissants auraient perdu la vie lors d’incidents impliquant des forces de sécurité locales. Des faits qualifiés d‘« inacceptables » par le gouvernement nigérian, qui réclame l’ouverture d’enquêtes approfondies et des poursuites judiciaires effectives.
Pretoria condamne, mais le climat reste hostile
Du côté sud-africain, le président Cyril Ramaphosa a publiquement condamné les violences dirigées contre les étrangers, appelant au respect des lois en vigueur. Cependant, ces déclarations n’ont pas suffi à dissiper les inquiétudes. Plusieurs organisations de défense des droits des migrants dénoncent la persistance d’un climat d’hostilité et signalent des agressions répétées.
Ce fossé entre le discours officiel et la réalité sur le terrain illustre la complexité d’une crise qui dépasse le simple fait divers pour toucher à l’équilibre des relations entre deux poids lourds du continent africain.
Une vigilance renforcée, d’autres mesures possibles
Face à l’incertitude, le Nigeria affirme surveiller la situation « avec la plus grande attention ». Ses missions diplomatiques en Afrique du Sud coordonnent activement l’identification des citoyens désireux de rentrer. Abuja n’exclut par ailleurs aucune mesure diplomatique supplémentaire si la sécurité de ses ressortissants continuait à se dégrader.
Cette crise met en lumière une réalité plus large : la xénophobie en Afrique du Sud demeure un défi structurel qui fragilise durablement la cohésion régionale africaine.









