Le président américain Donald Trump a semé le doute mercredi sur l’avenir de l’accord commercial nord-américain. Il a déclaré qu’il n’envisageait pas de renouveler l’ACEUM avant l’échéance du 1er juillet. Cette sortie surprend, survenant à quelques jours de la date limite. Pour beaucoup d’observateurs internationaux, ce silence stratégique cache une volonté de pression.
Une déclaration qui change la donne à l’approche de l’échéance
D’emblée, M. Trump a justifié sa position par le déséquilibre commercial nord-américain. Nous n’avons besoin de rien de ce que possède le Canada, a-t-il lancé aux journalistes. Selon lui, le Mexique non plus n’apporterait rien d’essentiel aux États-Unis. Pourtant, ce sont précisément ces voisins qui dépendraient entièrement de Washington. En réalité, ce discours ravive un vieux refrain protectionniste américain. Ainsi, le président a vanté l’autonomie économique des États-Unis face au monde.
Un accord qui pourrait rester en vigueur sans renouvellement formel
Concrètement, si la date butoir est dépassée, l’ACEUM ne disparaît pas instantanément. L’accord resterait en vigueur sous réserve d’un examen annuel renouvelable. Cette procédure pourrait s’étendre sur une période allant jusqu’à dix ans. De fait, Dominic LeBlanc et Marcelo Ebrard avaient demandé une prolongation de seize ans. Toutefois, l’administration Trump n’a pas répondu clairement à cette requête. Dès lors, les spéculations s’orientent vers un scénario de non-renouvellement sans retrait formel. Ce flou juridique ressemble à une épée suspendue au-dessus du commerce continental. Pourtant, cet accord protège encore le Canada et le Mexique de nombreux droits de douane. Malgré tout, l’acier, l’aluminium et l’automobile restent frappés par des droits distincts.
Une rhétorique commerciale qui inquiète les experts
Pour sa part, William Pellerin, du cabinet McMillan, appelle à la prudence. Selon lui, les entreprises nord-américaines doivent prendre ces signaux très au sérieux. En effet, l’absence d’approbation immédiate reste peu préoccupante en soi. Cependant, les propos sur une résiliation pure et simple inquiètent davantage les analystes. À ce propos, l’ACEUM avait remplacé l’ALENA sous Trump. Ironiquement, le président qualifie aujourd’hui ce même texte d’accord obsolète. Pourtant, l’ancien représentant au commerce Robert Lighthizer a raconté un épisode révélateur. Dans son livre, il évoque un moment où les deux pays ne se parlaient plus. Selon lui, l’ALENA ne tenait alors plus qu’à un fil.
Des négociations à plusieurs vitesses entre les trois pays
Par ailleurs, les discussions entre Washington et Mexico ont déjà commencé. En revanche, les pourparlers officiels avec Ottawa n’ont toujours pas démarré. Ces échanges avaient été gelés en octobre dernier après une publicité ontarienne controversée. Néanmoins, le climat semble s’être réchauffé ces derniers mois entre les deux capitales. M. LeBlanc a rencontré Jamieson Greer la semaine dernière à Washington. Il s’est dit optimiste après cette rencontre. Le premier ministre Mark Carney évoque trente enjeux commerciaux de complexité variable.
La réaction des dirigeants canadiens face à l’incertitude
Enfin, plusieurs leaders provinciaux canadiens ont réagi avec une prudence calculée. Scott Moe, premier ministre de la Saskatchewan, appelle à ignorer la rhétorique quotidienne. Nous devons rester concentrés sur la conclusion d’un accord favorable, a-t-il affirmé. Doug Ford, de l’Ontario, partage cette ligne de conduite mesurée. Nous avons déjà entendu ce genre de commentaires, a-t-il rappelé aux journalistes. Au Capitole, des représentants ont souligné que la marque américaine en pâtissait. Dave Puglia, de Western Growers, a noté un boycott persistant de produits américains. Neil Herrington, de la Chambre de commerce, a évoqué des relations mises à rude épreuve. Selon lui, les menaces d’annexion répétées de M. Trump nuisent gravement à cette image. Finalement, l’incertitude persiste, mais la diplomatie continue son chemin sinueux.









