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Accueil Analyses

Le pouvoir ne se dévore pas lui-même

Réflexions sur l'éthique du pouvoir entre histoire, Écriture sainte et droit

La Redaction by La Redaction
avril 21, 2026
en Analyses
0
pouvoir

Le pouvoir ne se détruit pas soi-même © Gabonmailinfos, image IA

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« Tout pouvoir vient de Dieu », proclame saint Paul dans l’Épître aux Romains (Rm 13,1). Cette affirmation, fondatrice de toute réflexion chrétienne sur l’autorité, résonne comme un avertissement solennel : celui qui détient le pouvoir ne le possède pas ; il en est le dépositaire provisoire. Or, à travers le monde, de Paris à Libreville, une même pathologie frappe les gouvernances contemporaines, celle d’un pouvoir qui, oubliant ses propres origines, entreprend de broyer ses semblables. Et ce faisant, prépare sa propre chute.

David et Saül : quand l’histoire biblique précède l’histoire politique

Le Premier Livre de Samuel (1 S 24,7) offre une scène d’une densité politique rare. David, déjà oint par Samuel, tient la vie de Saül entre ses mains dans la grotte d’En-Guédi, et choisit de ne pas frapper. « Que le Seigneur me garde de porter la main sur mon seigneur, l’oint du Seigneur ! » Cette retenue n’est pas faiblesse ; c’est la reconnaissance que le pouvoir ne se fonde pas sur l’écrasement de celui qui l’a précédé. David ira plus loin encore : lorsqu’un soldat amalécite se vante d’avoir achevé Saül (2 S 1,6-10), espérant une récompense, David le fait exécuter. Le message est limpide, celui qui humilie le pouvoir, même révolu, ne mérite pas de vivre dans l’ombre du nouveau pouvoir.

Cette leçon biblique vieille de trois mille ans demeure d’une actualité troublante. Elle énonce une vérité que les juristes modernes ont traduite en principe : nul ne peut être juge et partie (Nemo judex in causa sua). Instrumentaliser la justice contre ses prédécesseurs, c’est rompre l’équilibre des pouvoirs que Montesquieu formalisera en 1748 dans L’Esprit des lois, et que les constitutions démocratiques consacrent depuis lors.

De Libreville à Paris : les miroirs brisés du pouvoir contemporain

Au Gabon, l’ère d’Omar Bongo Ondimba, décédé en juin 2009 après plus de quatre décennies au pouvoir, fut marquée, quel qu’en soit le jugement politique, par une règle tacite : aucun ministre en exercice ou sortant ne fut jamais envoyé en prison. Ce principe non écrit, analogue au respect davidique dû à l’oint, garantissait une cohésion fragile mais réelle de l’élite gouvernante. Dès que cette règle fut rompue sous ses successeurs, Pendy Boueki, Étienne Ngoubou, Magloire Ngambia, puis Laccruche Alihanga, et d’autres encore sous la Transition, le tissu de confiance se déchira. La chute d’Ali Bongo Ondimba en août 2023 ne fut pas seulement le résultat d’un putsch militaire ; elle était annoncée, inscrite en filigrane dans chaque humiliation infligée à ceux qui l’avaient servi.

En France, la mise en examen de Nicolas Sarkozy, condamné définitivement en 2023 dans l’affaire dite des écoutes, illustre les ambiguïtés d’un autre registre. L’indépendance formelle de la justice, garantie par l’article 64 de la Constitution du 4 octobre 1958, ne dissipe pas entièrement le malaise politique que soulèvent de telles procédures sous un règne successeur. Comme l’écrit Alexis de Tocqueville dans De la démocratie en Amérique (1835), « dans les démocraties, les hommes qui veulent le pouvoir ne cherchent qu’à flatter le peuple », or flatter le peuple en exhibant la déchéance de son prédécesseur n’est qu’une forme raffinée du même péché d’orgueil.

La politique comme art du bien commun : la force de la divergence assumée

Aristote définissait déjà la politique, dans sa Politique (Livre I, 335 av. J.-C.), non comme l’art de dominer, mais comme celui d’organiser la cité pour le bien commun, le bien de tous, non de quelques-uns. Cette vision fondatrice pose une exigence redoutable : gouverner, c’est accepter que la vérité du peuple soit plurielle. L’adversaire politique n’est pas un ennemi à neutraliser ; il est le miroir dans lequel le gouvernant aperçoit les angles morts de sa propre vision. Toute idéologie, si juste soit-elle à ses propres yeux, trouve ses limites là où commence la conviction sincère de l’autre.

Le philosophe John Stuart Mill l’affirmait avec force dans De la liberté (1859) : une opinion que l’on empêche de s’exprimer n’est pas seulement bâillonnée, elle prive la société d’une parcelle de vérité qui lui appartient. C’est en ce sens que la divergence d’avis, loin d’être une menace pour le pouvoir, en est la condition de santé. Un gouvernement qui muselle l’opposition syndicale, étouffe la presse indépendante ou marginalise les voix religieuses dissidentes ne renforce pas son autorité, il creuse sous ses pieds le vide qui l’engloutira. La Déclaration universelle des droits de l’homme du 10 décembre 1948, en son article 19, consacre cette vérité en droit international : la liberté d’opinion et d’expression est le socle sans lequel aucun édifice politique ne tient.

Le véritable homme d’État ressemble moins au conquérant qui écrase qu’au tisserand qui noue des fils contraires pour produire un tissu solide. Sa grandeur se mesure non à l’uniformité qu’il impose, mais à la diversité qu’il parvient à faire coexister. Salomon, dans toute sa sagesse célébrée en 1 Rois 3,9, ne demanda pas la victoire sur ses ennemis, il demanda un « cœur attentif pour gouverner son peuple et discerner le bien du mal ». Discerner, c’est précisément entendre ce qui dérange, peser ce qui résiste, accueillir ce qui diffère. C’est là la marque du pouvoir mature : non celui qui a raison seul, mais celui qui sait que la position de l’autre est, parfois, le correctif dont il avait besoin.

Le pouvoir qui s’ignore finit par se détruire

L’Apocalypse du pouvoir solitaire obéit à une logique implacable. Tout exécutif qui prétend absorber à la fois le pouvoir médiatique, syndical, religieux et judiciaire signe, par cette voracité même, l’acte de son propre déclin. La séparation des pouvoirs n’est pas une contrainte imposée aux forts, c’est la condition de leur survie. Moïse lui-même, instruit par son beau-père Jéthro (Ex 18,17-23), dut déléguer : « Tu t’épuiseras toi-même et ce peuple avec toi. La tâche est trop lourde pour toi seul. » Le pouvoir qui refuse la délégation et l’équilibre ne crée pas la force ; il engendre l’implosion.

Les grandes démocraties, États-Unis, Allemagne fédérale, Canada, ont bâti leur pérennité sur cette culture du respect institutionnel, où l’ancien président garde un statut et une protection, et où son successeur sait que la dignité accordée à ses prédécesseurs lui sera un jour rendue. C’est moins une faveur qu’un contrat social implicite, miroir du pacte davidique. Car, en définitive, le pouvoir ne combat pas le pouvoir : il le reconnaît, le négocie, le respecte, ou bien il périt par ce qu’il a cru pouvoir détruire.

Par Roland Olouba Oyabi, journaliste multimédia, manager des médias et directeur de publication de Gabon Mail Infos

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