Ce mardi 14 avril 2026, un hôtel de Libreville a accueilli un atelier de deux jours consacré à la gouvernance des ressources naturelles et à l’évaluation du Système national de surveillance des forêts du Gabon (SNSF),. L’événement réunit des responsables de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), des représentants d’ONG, de ministères concernés et d’associations de la société civile.
L’objectif est clair : valider des travaux stratégiques portant sur la gestion des ressources forestières, fauniques et halieutiques au Gabon, et jeter les bases d’un projet structurant.
La FAO face au défi d’une gestion durable
Expert des questions sur les eaux, les forêts, les terres et les changements climatiques au Bureau sous-régional de la FAO, Oumar Ndiaye a posé le cadre dès l’ouverture des travaux.
« Ce rapport permet de revisiter la gouvernance pour voir ce qui a marché, ce qui ne marche pas et ce qu’il faut améliorer », a-t-il déclaré, soulignant l’enjeu de mesurer la contribution réelle des ressources naturelles à l’économie nationale, à la création de richesse et à la sécurité alimentaire et nutritionnelle du Gabon.
L’expert de la FAO a également insisté sur la portée concrète et humaine du projet : « À terme, cela aura de forts impacts transformationnels sur les communautés, sur ma grand-mère qui se trouverait quelque part à Lebamba, à Okondja, à Minvoul. » Une manière de rappeler que derrière les tableaux de bord statistiques, ce sont des millions de vies quotidiennes qui sont en jeu.
Le Gabon, acteur engagé dans le mécanisme REDD+
Le Gabon s’est doté de plusieurs outils stratégiques en matière climatique : le Système national de surveillance des forêts (SNSF), le Système d’Information sur les sauvegardes (SIS) et le dispositif national de mesure, notification et vérification (MNV). Cet atelier vise notamment à évaluer le SNSF pour identifier les besoins en renforcement des capacités et soutenir la mise à jour du Niveau de référence des émissions pour les forêts (NERF).
Ces travaux s’inscrivent dans le programme « Gabon Infini », pilier stratégique du financement de la conservation et du développement durable voulu par les autorités de la Cinquième République.
La société civile interpelle sur l’application des recommandations

La question de l’effectivité des décisions a traversé les débats. Plusieurs participants ont soulevé un constat récurrent : les recommandations issues d’ateliers similaires restent trop souvent lettre morte. Oumar Ndiaye a répondu sans détour : « Ce que je peux certifier, c’est que toutes les recommandations adressées à la FAO font l’objet d’un suivi rigoureux. Pour les autres acteurs, nous n’avons pas mandat de les contraindre, mais nous les rappelons systématiquement. »
Inventaires, textes juridiques et traçabilité au cœur des débats
Jean Donald Ulrich Mbadinga, coordinateur terrain à l’ONG Conservation Justice, a mis le doigt sur un impératif technique souvent négligé : « Il y a nécessité de connaître la ressource avec des inventaires poussés par les différentes administrations, et de faire évoluer les textes pour améliorer l’efficacité de la gestion. »
Il a rappelé qu’un nouveau code forestier est actuellement en révision au niveau de l’administration des eaux et forêts, intégrant les contributions de toutes les parties prenantes avant une décision politique soumise au Parlement.
Les grandes recommandations de cet atelier de deux jours seront rendues publiques ce mercredi 15 avril 2026, ouvrant la voie à une nouvelle phase opérationnelle pour la gouvernance environnementale gabonaise









