Le 14 mars 2026 marque un tournant décisif dans l’organisation des services de sécurité au Gabon. Le général Bernard Gnamankala a été officiellement nommé à la tête du Silam, succédant au Français Jean-Charles Solon. Cette désignation constitue une rupture majeure : pour la première fois, ce poste ultrasensible est confié à un officier gabonais, alors qu’il était jusqu’ici exclusivement réservé à des experts proches du renseignement français. Désormais, Gnamankala supervise la surveillance des communications, l’interception des flux téléphoniques et l’analyse de données stratégiques, notamment celles transitant par les câbles sous-marins d’Afrique centrale. Il se retrouve au cœur du dispositif sécuritaire du président Brice Clotaire Oligui Nguema.
Un parcours façonné par l’influence familiale
Originaire d’Assiami, dans la province du Haut-Ogooué, Bernard Gnamankala a grandi dans des conditions difficiles après la perte précoce de ses parents. Il est recueilli par son oncle, le général Laurent Nguetsara Lendoye, figure influente du renseignement gabonais qui deviendra son principal guide. Après ses études secondaires, il s’oriente vers les sciences politiques et les relations internationales au Canada, initialement attiré par la diplomatie. C’est finalement sous l’influence de son mentor qu’il s’engage dans une carrière sécuritaire, une décision qui orientera l’ensemble de sa vie professionnelle.
Une formation d’élite aux quatre coins du monde
Bernard Gnamankala se distingue par un parcours de formation international hors du commun. Il effectue plusieurs stages à l’étranger, passant notamment par le Maroc et les États-Unis, où il obtient le diplôme de la prestigieuse FBI National Academy. En France, il se forme aux techniques de lutte antiterroriste au sein de la Direction générale de la sécurité intérieure. Cette triple expérience internationale lui confère une expertise rare, alliant renseignement opérationnel, coopération sécuritaire et maîtrise des outils numériques de surveillance les plus avancés.
Une ascension rapide au sein de la DGDI
Avant sa nomination au Silam, Gnamankala a construit l’essentiel de sa carrière à la Direction générale de la documentation et de l’immigration, la DGDI. Il y occupe successivement plusieurs postes stratégiques, allant de la direction de cabinet à la gestion de la police des frontières. Institution clé du renseignement gabonais, la DGDI joue un rôle central dans la production de documents officiels et la transmission d’informations sensibles directement à la présidence. En comparaison, le Silam représente une structure bien plus discrète, avec des ressources limitées et une exposition publique quasi nulle, ce qui suscite des interrogations sur les motivations réelles de ce transfert.
Source Jeune Afrique








