Près de dix ans après son départ de la Maison-Blanche, Barack Obama n’a pas raccroché. Cet engagement reste « assez inhabituel », selon l’historien Matthew Dallek. Ainsi, l’ancien président retourne dans l’arène, tel un marin qui reprend la mer. Les élections de mi-mandat l’attirent encore.
Jimmy Carter et George W. Bush n’ont pas fait campagne durant les dernières semaines des élections de mi-mandat. Une tradition invite en effet les anciens présidents à s’éloigner de la politique partisane. Toutefois, leur faible popularité au départ a aussi pesé dans la balance.
Un capital de sympathie
Barack Obama ne souffre pas de ce déficit. Un sondage CNN/SSRS de mai le place en tête des présidents vivants avec 57 % d’opinions favorables. Donald Trump suit avec 34 %, Joe Biden avec 30 %. Son nom brille donc comme une lanterne démocrate.
Selon Matthew Dallek, cette influence fait de lui une caution auprès des électeurs démocrates et indépendants. Un sondage NBC News de mi-septembre le confirme clairement. Ainsi, 43 % des électeurs se disent plus enclins à voter pour son candidat, contre 37 % moins enclins.
L’ombre de 2022 plane encore
En 2022, Donald Trump avait appuyé plus de 200 candidats aux élections de mi-mandat. Pourtant, les républicains n’ont pas ravi le Sénat aux démocrates. Les analystes ont attribué cet échec à la piètre qualité des candidats. La « vague rouge » ne s’est jamais matérialisée.
Quatre ans plus tard, ce sont les démocrates qui rêvent d’une vague. Obama s’étonne de voir certains États devenir compétitifs. Pourtant, il appelle les donateurs à la prudence, car rien n’est joué. Sa soirée en Virginie a rapporté 3,6 millions de dollars pour le Sénat.
Harris, une alliée qu’on hésite à inviter
Kamala Harris s’engage à fond. Du 21 au 30 octobre, elle prévoit de visiter huit États, tout en songeant à 2028. Mais des candidats du Kansas, de l’Iowa et de l’Alaska refusent son aide. Son appui ressemble à un cadeau qu’on hésite à ouvrir.
Matthew Dallek explique que Harris réveille de mauvais souvenirs chez les démocrates. Selon lui, le parti rêve aussi d’un renouvellement générationnel. Obama, lui, n’aspire pas à diriger le parti. Il tourne 25 publicités et fera campagne le 24 octobre dans l’Ohio et le Michigan.
Les urnes auront le dernier mot
Au fil des semaines, l’ancien président garde la main sur le terrain démocrate. Les sondages lui sourient, mais lui-même prévient que rien n’est joué. Ainsi, le vote tranchera bientôt ce grand duel de popularités. Les électeurs ouvriront alors l’urne, juge de paix de cette campagne.









