Paul St-Pierre Plamondon sort son premier atout diplomatique. Il confie à Pascal Paradis le titre de négociateur en chef face aux États-Unis de Donald Trump. Ainsi, le nouveau premier ministre place un pion sur l’échiquier continental. Cet ancien député péquiste, battu le 5 octobre, rebondit donc vite. De plus, il retrouve aussitôt un poste de première ligne, loin des bancs de l’Assemblée nationale.
Le mandat tient en quelques mots clés. Pascal Paradis pilotera les pourparlers avec l’administration Trump lorsque des négociations deviendront nécessaires. Pourtant, une guerre tarifaire fait déjà rage entre le Canada et son voisin du sud. Dès lors, le gouvernement péquiste force la porte de la table des discussions. Il veut aussi redonner au Québec une voix forte et audible sur la scène internationale.
Une seconde casquette tournée vers les Premières Nations
Le diplomate portera une seconde casquette, tournée vers les nations autochtones. Il servira d’interlocuteur entre le gouvernement du Parti Québécois et les Premières Nations. En outre, il agira comme négociateur en chef dans leurs dossiers. Son mandat consiste à bâtir des relations solides, durables et empreintes de confiance. Ce pont reste pourtant fragile, car la route vers l’indépendance soulève déjà bien des questions.
La démarche d’accession à l’indépendance prévoit une consultation des Premières Nations et des Inuits. Cette consultation suivrait un référendum gagnant, avant l’élaboration d’une constitution provisoire. Toutefois, ces peuples ne disposeraient d’aucun droit de veto. Voilà donc le terrain miné où le négociateur devra marcher. Il lui faudra beaucoup de doigté diplomatique, car la confiance se gagne lentement et se perd en un instant.
Un poste politique forgé par 20 ans de droit
Ce poste n’a rien d’un fauteuil de haut fonctionnaire. Il s’agit d’un rôle politique, précise-t-on. Pascal Paradis relèvera directement de Paul St-Pierre Plamondon et de son cabinet. De plus, l’avocat agira de concert avec les ministres concernés. Il tiendra donc la barre sans quitter la salle des machines du pouvoir, au cœur de l’équipe qui gouverne. Son titre sonne officiel, mais reste partisan.
Avant la politique, Pascal Paradis a œuvré 20 ans comme directeur général d’Avocats sans frontières Canada. Ensuite, les électeurs de Jean-Talon l’ont envoyé siéger à l’Assemblée nationale. Par ailleurs, il a participé à un comité de l’ALÉNA sur le règlement des disputes commerciales privées. Ce parcours colle ainsi à merveille au nouveau rôle, tel un gant taillé sur mesure pour une main experte.
La Capitale-Nationale oubliée, le cabinet attendu
Cette nomination éteint une rumeur persistante. On l’imaginait ministre non élu responsable de la Capitale-Nationale. En effet, le Parti Québécois n’a fait élire aucun député dans cette région. Paul St-Pierre Plamondon avait déjà évoqué cette option. Il voulait que la capitale et ses électeurs pèsent dans son gouvernement. Désormais, la pièce du puzzle trouve une autre place, bien plus stratégique, face à Washington.
Le rideau se lèvera bientôt sur l’équipe gouvernementale de Paul St-Pierre Plamondon. Le premier ministre dévoilera mercredi la composition de son Conseil des ministres. Les observateurs guettent chaque nouveau nom avec fièvre, comme on scrute un jeu de cartes. Cependant, un premier visage s’impose déjà, celui d’un juriste rompu aux négociations. Les prochains jours diront si les autres pions suivront la même stratégie audacieuse.
Une nomination qui ouvre le jeu
Au final, Pascal Paradis troque le siège de député contre la valise du diplomate. Le gouvernement péquiste lance ainsi son premier signal à Washington et aux Premières Nations. Reste maintenant à savoir si Donald Trump ouvrira la porte, et si le Québec saura s’y glisser.









