Le week-end a laissé des rues défigurées. Plus de 2 000 commerces ont subi dégradations et pillages le 17 octobre. Ces violences ont éclaté en marge des manifestations du 17 octobre contre la vie chère. Alain Di Crescenzo, président de CCI France, a chiffré le désastre lundi sur franceinfo. Selon lui, il faudra trouver « des centaines de millions d’euros » pour réparer.
Ainsi, la facture dépasse largement la casse visible. Les stocks ont disparu, les caisses restent vides et les clients hésitent à revenir. Chaque jour de fermeture creuse un peu plus le trou. Pourtant, le Premier ministre Sébastien Lecornu a demandé aux préfets des couvre-feux partiels et localisés dans certains centres-villes. Cette mesure veut éteindre le feu avant une nouvelle étincelle.
Bercy, la table ronde de l’urgence
Lundi matin, le président de CCI France a rejoint Bercy. Il y a rencontré le ministre du Commerce Serge Papin. Les fédérations de commerçants, d’artisans, de restaurateurs et d’hôteliers siégeaient également. Les banques et les assureurs occupaient aussi des chaises. Chacun a posé ses chiffres sur la table. Le ton restait grave.
Alain Di Crescenzo y a réclamé un plan de soutien d’urgence. Il a résumé l’humeur générale du jour en trois mots : colère, incompréhension, détresse. Néanmoins, il dit n’avoir reçu aucune fin de non-recevoir. Le ministre, assure-t-il, promet tout son soutien pour retenir ces demandes. Cette promesse apaise un peu les inquiétudes.
Trois bouées pour des boutiques à la dérive
Le patron des chambres de commerce a dressé sa longue liste de secours. D’abord, il veut du chômage partiel, puisque les boutiques n’ont plus rien à vendre. Ensuite, il demande un moratoire sur les charges sociales et fiscales. Enfin, il attend des assureurs une réactivité sans faille. Ces trois mesures forment un gilet de sauvetage.
Le gouvernement a répondu sans tarder. À la mi-journée, Sébastien Lecornu a annoncé un fonds de soutien spécifique pour les commerces touchés. Par ailleurs, le chômage partiel démarrera dès mardi dans ces magasins. Cette réponse rapide vise à calmer la colère. Les maires de Paris, Marseille et Lyon réclament de leur côté un amendement au budget 2027.
Quand la peur remplace les clients
Emmanuel Grégoire, Benoît Payan et Grégory Doucet publient une tribune dans Libération. Ils plaident pour un fonds exceptionnel de solidarité nationale. Ils veulent des moyens à la hauteur des dommages constatés. Cette proposition ajoute une pression politique sur la discussion budgétaire à venir.
Au-delà des chiffres, Alain Di Crescenzo décrit des commerçants à bout de forces. Leur peur est économique, mais aussi physique. Il faut donc, dit-il, les rassurer en urgence, avec des garanties et des financements. Sans cela, la confiance risquera de rester durablement fermée, rideau baissé.









