La Société d’exploitation du Transgabonais (Setrag) affiche un chiffre d’affaires de 66,5 milliards de FCFA au premier semestre 2026. Surtout, ce chiffre dépasse « ses prévisions budgétaires ». Les cadres de l’entreprise se sont réunis le 17 septembre à Libreville. Ensuite, ils ont examiné le trafic.
Sur cette période, la compagnie a transporté 4,9 millions de tonnes de marchandises. Elle a aussi accueilli 111 319 passagers. Ainsi, le rail gabonais confirme son rôle central dans l’économie du pays. Ces volumes donnent le ton d’un semestre solide pour l’entreprise.
Le fret grimpe de 6% et la sécurité progresse
Par ailleurs, l’activité ferroviaire progresse en volume. Les tonnages ont augmenté de 6% sur un an. Cette hausse s’inscrit dans un contexte de hausse de l’activité minière chez Comilog. Le train roule donc au rythme des mines.
Sur le volet sécurité, Setrag annonce « zéro accident » au premier semestre. De plus, les déraillements sur la voie principale reculent de moitié. Concrètement, ils passent de six à trois en un an. Cette performance rassure les usagers comme les partenaires.
Un déficit net réduit à 7,4 milliards de FCFA
Les indicateurs opérationnels s’améliorent, mais la situation financière reste sous pression. En effet, les coûts de modernisation pèsent lourd dans les comptes. Toutefois, le bénéfice avant impôts atteint 18,2 milliards de FCFA. Le budget en prévoyait 15,5 milliards.
Le résultat net demeure négatif, à -7,4 milliards de FCFA. Cependant, ce déficit reste inférieur aux -8,8 milliards prévus. Autrement dit, l’écart se resserre par rapport au budget. La rénovation coûte cher, mais les comptes tiennent mieux que prévu.
312 millions d’euros pour rénover 648 kilomètres
Ces performances arrivent alors que Setrag poursuit la rénovation des 648 kilomètres du Transgabonais. La ligne relie le port d’Owendo à Franceville. Eramet Comilog détient 51% de l’entreprise, Meridiam 40% et l’État gabonais 9%. Ce trio d’actionnaires accompagne la transformation du réseau.
Depuis juillet 2026, le programme bénéficie d’un financement de 312 millions d’euros. Cela représente plus de 204 milliards de FCFA au cours de conversion retenu. La Société financière internationale (IFC) apportera jusqu’à 192 millions d’euros. Proparco prévoit jusqu’à 120 millions d’euros.
Manganèse : le moteur du Transgabonais
Ces ressources doivent accélérer la réhabilitation de la ligne. Elles contribueront aussi à restaurer ses capacités de transport. Le réseau reste « au cœur de l’évacuation du manganèse » produit par Comilog. Au premier semestre, Eramet a investi 23 milliards de FCFA dans cette modernisation.
Le groupe prévoit par ailleurs d’acheminer entre 6,4 et 6,8 millions de tonnes de manganèse en 2026. Cette perspective suit une hausse de 14% des prix. Les volumes commercialisés ont aussi progressé de 4% au premier semestre. Le manganèse alimente donc la locomotive.
Cap sur 11 millions de tonnes par an
À moyen terme, le programme de rénovation vise « 11 millions de tonnes par an ». Il ambitionne aussi jusqu’à 16 trains par jour. Ainsi, ces objectifs dessinent un réseau plus robuste et rapide. Le chantier se poursuit, car les investissements continuent sur l’infrastructure.
Les résultats du premier semestre montrent clairement une progression des volumes et des indicateurs opérationnels. Setrag garde le cap, malgré un déficit net encore bien présent. Le Transgabonais avance donc, rail après rail, vers une toute nouvelle ère, portée par les mines et les investisseurs.









