Le Canada et l’Union européenne envisagent une nouvelle entente commerciale. En effet, ce projet reste flou dans ses contours précis. Il illustre une mondialisation à géométrie variable. De son côté, Mark Carney parle d’une alliance économique et de sécurité unique. Von der Leyen évoque un membre associé de l’UE.
Personne ne s’accorde sur la terminologie exacte à employer. Un accord lie le Canada et l’Europe depuis dix ans. L’AECG structure d’ailleurs cette relation bilatérale. Von der Leyen souhaite l’élever au plus haut niveau. Certes, un expert de Sciences Po y voit un objet non identifié.
Un projet encore largement en élaboration
Le Canada a rejoint le programme militaire conjoint européen. Il en est d’ailleurs le seul membre non européen. D’autres rapprochements concernent plusieurs secteurs stratégiques. Par ailleurs, la fabrication intelligente, l’énergie et les minéraux critiques comptent parmi eux. Enfin, l’intelligence artificielle et la cybersécurité complètent cette liste.
Von der Leyen évoque une vision commune sur plusieurs enjeux. Elle cite notamment le climat, l’Arctique et la géopolitique. De plus, un front commun existe déjà sur l’Ukraine et la défense. Par ailleurs, elle insiste sur l’attachement à la démocratie. Ce pouvoir n’appartient ni aux forts, ni aux riches.
La réaction américaine et la réponse canadienne
Cependant, Donald Trump a jugé ce projet hostile peu après. Il a ensuite menacé de rompre ses échanges commerciaux. Carney a répondu devant le Parlement européen le lendemain. En effet, il a nié vouloir créer un troisième bloc de puissance. Son objectif reste la résilience face aux pressions.
Il évoque la souveraineté, l’intégrité territoriale et les libertés. Au-delà des débats sémantiques, l’entente demeure en construction. Le Canada resterait toutefois en deçà des obligations européennes. Historiquement, cette approche sur mesure n’a rien d’exceptionnel. En effet, les experts percevaient déjà l’AECG comme un traité de nouvelle génération.
Une stratégie canadienne de diversification assumée
Traditionnellement, le Canada privilégie les règles multilatérales de l’OMC. En effet, ces règles diluent l’influence des grandes puissances. Il négocie néanmoins des ententes bilatérales ambitieuses. Par ailleurs, une quinzaine de traités de libre-échange existent déjà. L’accord Canada-États-Unis-Mexique reste le plus connu.
La paralysie de l’OMC a accéléré cette multiplication d’ententes. Ainsi, Carney revendique plus de cinquante accords sur les minéraux critiques. Il cite vingt accords commerciaux signés sur cinq continents. De plus, l’accès sans droits de douane doublera d’ici six mois. De nouveaux accords avec l’Inde expliquent cette croissance.
Un accord encore loin d’être définitivement conclu
Par pragmatisme, Carney reste ouvert à des partenariats sectoriels. Même avec des pays ne partageant pas ses valeurs. La tendance mondiale privilégie la proximité géopolitique. En effet, le Canada est souvent qualifié de pays le plus européen. Pourtant, son principal atout reste l’accès facile au marché américain.
Charest le rappelle aux entreprises européennes intéressées. Une dizaine de pays n’ont pas encore ratifié l’AECG. La France et l’Italie contestent les normes sanitaires canadiennes. La montée d’une droite nationaliste, selon le Financial Times, complique la ratification. Des élections approchent dans ces deux pays.
Une alliance pensée comme un modèle démocratique
Selon Carney, cette alliance pourrait inspirer d’autres démocraties. Elle se définirait par des valeurs plutôt que des oppositions. La liberté et la prospérité en formeraient le socle central. Elle devrait rester assez forte pour résister aux pressions. Elle resterait aussi ouverte pour accueillir d’autres partenaires.









