Vendredi, la justice frappe en plein cœur de la Coupe du monde. La Cour d’appel confirme le renvoi d’Achraf Hakimi devant une cour criminelle. Le capitaine marocain doit répondre d’une accusation de viol datant de 2023. Désormais, six magistrats au total estiment les charges suffisantes pour ce procès. Pourtant, le joueur du PSG continue de clamer son innocence avec force.
Par le journaliste Roland Olouba Oyabi
Achraf Hakimi attend « enfin » de pouvoir s’exprimer
À peine la décision tombée, le joueur de 27 ans réagit immédiatement sur X. Il affirme attendre le procès « avec impatience ». « Enfin, je pourrai parler », assure-t-il sans détour. Néanmoins, la date du procès reste pour l’instant inconnue. Son avocate, Me Fanny Colin, reste prudente sur un éventuel pourvoi en cassation. « Cette confirmation était attendue », rappelle-t-elle, défendant un client « ferme dans sa défense ».
La défense dénonce une « justice de classe à l’envers »
D’ailleurs, Me Colin va plus loin dans sa critique judiciaire. Elle évoque une « justice de classe à l’envers » qui viserait son client. Selon elle, l’enquête n’aurait démarré qu’après la médiatisation d’une simple main courante. Or, cette exposition découlerait uniquement de la notoriété du footballeur. Le club parisien, lui, reste discret publiquement mais protège son joueur en coulisses, invoquant la présomption d’innocence.
Trois ans de combat pour la plaignante
De son côté, l’avocate de la partie civile savoure une victoire arrachée de haute lutte. « Après plus de trois ans de combat judiciaire, après avoir été calomniée et traînée dans la boue », cette décision apporte enfin un soulagement, indique Me Rachel-Flore Pardo. En effet, Jeanne, le prénom d’emprunt de la plaignante, raconte avoir vécu un véritable calvaire médiatique. La fuite de sa déposition dans la presse reste, dit-elle, le plus grand traumatisme de sa vie.
Un long chemin pour la lutte contre les violences sexuelles
Finalement, cette affaire dépasse le seul destin judiciaire d’Achraf Hakimi. Voir l’accusé acclamé sur les terrains reste douloureux pour la plaignante. « Ce n’est jamais agréable de voir celui qu’elle accuse être ovationné« , souligne Me Pardo. Ainsi, le chemin demeure long pour la lutte contre les violences sexuelles dans le football. Entre présomption d’innocence et quête de vérité, le procès à venir cristallisera tous les regards.









